C’est un tableau noir que dresse la secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT) au sujet de la scène politique nationale dont elle fait pourtant partie depuis longtemps. Invitée hier à l’émission de la radio nationale Chaîne 3 intitulée L’invité de la rédaction, Louiza Hanoune a parlé notamment, de « faux partis », de « faux membres fondateurs de partis », d’«argent sale en rapport avec la constitution des listes électorales», de « corruption politique»… Mais de qui s’agit-il au juste ? Hanoune n’en souffle mot, si ce n’est d’affirmer qu’elle « n’avait pas le droit de porter des accusations à l’emporte pièce », estimant toutefois que « tout le monde sait qu’il y a des sommes colossales, des milliards et des milliards, en circulation en rapport avec la constitution des listes électorales ». Des « faux partis », elle n’en citera, également, aucun. Tenir des propos pareils, sans pour autant aller jusqu’au bout de ses réflexion, n’est-ce pas là une autre forme de « pourrissement » de cette même scène ? Si elle est si sûre de ce qu’elle avance, le peuple a le droit de savoir, sinon elle aurait mieux faire d’évoquer un autre sujet, voir de se taire. Car, avec ses propos, elle a encore salie cette même scène politique. Hanoune considère, pourtant, les prochaines échéances électorales importantes, décisives et une « période charnière » de l’histoire nationale. Pour la secrétaire générale du PT, la prochaine assemblée nationale aura un rôle important à jouer dans la mesure où elle aura à se pencher sur une nouvelle constitution, amorçant « la 2e République ». Mais comment Louiza Hanoune acceptera-t-elle de siéger avec des « faux partis » ? Cela supposerait que les membres de ces derniers eussent dû « acheter leurs sièges », comme elle le laisse supposer, ce que induit, quelques part, que ces membres n’ont pas les capacités et les compétences politiques, et encore moins intellectuelles, pour décider de l’avenir du pays sur au moins les cinquante années à venir. Participer aux élections dans cette « décomposition et corruption politiques », pour reprendre l’expression de l’invitée de la rédaction de la haine 3, est synonyme d’adhésion à cette démarche que d’aucuns qualifieraient de suicidaire. Puisqu’elle soupçonne tout ce pourrissement, n’aurait-elle pas dû,; en fait, opter pour le boycott? Aussi paradoxale que cela puisse paraître, le n°1 du PT espère une participation massive aux prochaines élections. Des élections que le parti, comme l’a soutenu Hanoune, abordera avec des listes du PT seulement. Autrement dit, Hanoune n’envisage pas de nouer des alliances avec d’autres partis, ce qui est loin d’être surprenant, puisque la trotskyste semble avoir une dent contre tout le monde.
M. O. B
