Ce sont des centaines d’agents de vulgarisation agricole au niveau national à rester dans une situation de chômage déprimant au moment où tous les efforts du ministère de l’Agriculture tendent à réhabiliter le secteur le plus névralgique de l’économie nationale par les soutiens multiformes apportés au monde rural et aux différentes filières de l’agriculture professionnelle. Cette catégorie de personnel technique constitue, à n’en pas douter, le fer de lance de toute politique d’investissement réalisé dans le secteur. Il se trouve que, malgré l’intérêt accordé aux différentes activités agricoles et rurales dans la wilaya de Bouira, les agents de vulgarisation agricole n’ont apparemment pas de place dans ce dispositif. Ces agents, formés par le centre de vulgarisation de Médéa, sont complètement désemparés suite à l’impasse dans laquelle ils se trouvent dans la wilaya de Bouira. Le cas d’un agent originaire de la commune d’El Hachimia illustre, si besoin est, tous les tracas bureaucratiques qui tendent à marginaliser un segment important du secteur de l’agriculture. Ayant sollicité toutes les autorités concernées par ce domaine, le jeune agent de vulgarisation ronge son frein depuis plus d’une année dans une situation proche de la dépression. Dans l’administration agricole, on lui répond qu’il n’y a pas de postes budgétaires. Ayant convoité une parcelle de terrain abandonnée (appartenant à une EAC), il en saisit l’inspection des Domaines de Sour El Ghozlane qui le renvoie sur la Direction des Domaines de la Wilaya. Celle-ci lui indique l’Agence nationale du cadastre. A défaut d’avoir un dossier agréé par les autorités locales, le Cadastre n’a pu lui délivrer aucune indication sur la parcelle concernée. Ne perdant pas espoir de pouvoir se consacrer au métier dans lequel il est formé, le jeune agent déniche des parcelles communales non travaillées dans les localités de Sidi Hamza et Kandara relevant de la commune d’El Hachimia. Il en informe l’antenne de la GCA (Générale des concessions agricoles) de Bouira qui lui indique qu’il devait constituer un groupe d’exploitants parrainés par l’APC pour pétendre à un soutien de cette structure. En outre, on lui demande de ramener des services du cadastre un plan de situation des parcelles en question. Cette dernière structure lui exige la justification écrite qui viendrait de la mairie ou de la DSA. Voilà donc un morceau d’anthologie que notre interlocuteur qualifie de « bureaucratie stérile et d’obstruction caractérisée ». Des dizaines de jeunes vulgarisateurs agricoles comme lui ont fini par baisser les bras devant ce cercle vicieux et infernal. Amoureux de la terre et du métier pour lequel il s’est sacrifié, il lance un appel à toutes les autorités compétentes pour l’accompagner dans ses efforts de s’investir dans ce métier noble qu’est l’agriculture.
Amar Naït Messaoud
