Vaste élan de solidarité

Il est quasiment impossible de parler, aujourd’hui, de traditions et autres coutumes léguées par nos ancêtres sans prendre Iwaquren comme référence dans la région de Bouira et même à travers la Kabylie. En effet, dans ce village, le comité ou tajmait dont les membres représentent les différentes familles, remplit pleinement la fonction qui lui a été attribuée. Il est à la fois porte-voix des citoyens envers les institutions et aussi leur tutelle morale. Ainsi, dans les différentes occasions, ce cadre rassembleur est là à organiser une festivité, à orienter ou apporter une contribution. Cela, nous l’avons déjà constaté lors de l’organisation de Timechret et avons assisté au rôle qu’a joué ce comité dans l’organisation de cette action. Cette fois-ci, et pour venir en aide aux nécessiteux, les représentants de ce village ont sollicité les âmes charitables, à l’effet de contribuer et d’aider les démunis. Comme la générosité est ancrée dans les mœurs des villageois, cet appel a vite reçu l’écho. Axxam Iwaquren ou le siège du comité de village a ouvert ses portes, ces jours-ci, pour recevoir les dons. Et tous les après-midi, sous les chants de Slimane Azem qui fusaient avec intensité de ce siège, les membres de cette association recevaient les bienfaiteurs. Des fourgons et autres véhicules particuliers garaient devant cette bâtisse pour décharger les denrées alimentaires et autres dons. D’autres remettaient de la liquidité. De jeunes volontaires sont là pour mettre de l’ordre à l’intérieur de la salle : ils arrangent les produits reçus pour en faire des parts égales. Nous nous sommes rapprochés de ce comité. Ses membres nous affirment que : « Cette action n’est pas à sa première car chaque mois de carême, nous faisons ainsi. Nous voulons aider nos nécessiteux en ce mois sacré. Nous savons pertinemment que le couffin que remettait la mairie n’est pas suffisant, voire presque insignifiant. C’est pourquoi nous avons pensé pour les aider davantage. Nos concitoyens, que nous remercions au passage, ont répondu favorablement à notre appel, et nous sommes mobilisés à mener à bien cette action ». A une question relative au coût du couffin, nos interlocuteurs précisent que : « Sur les 200 démunis que compte notre village, nous veillons à ce que ces derniers reçoivent des quantités suffisantes pour cette durée du mois. Et en sus des denrées et autres produits de première nécessité, le comité puise dans sa caisse pour remettre le 27e jour du Ramadhan un poulet à chaque démuni ». Enfin, ces mêmes membres nous font savoir que cette action se poursuivra tout le long de ce mois pour recevoir le maximum de contributions.

M. S.