La région d’Ath Aïdel est connue pour son relief montagneux et sa population ne vit que des activités agricoles. Les seuls agents économiques sont les agriculteurs.
Les cultures pratiquées sont l’arboriculture dominée par l’olivier et le figuier et toute sorte d’élevage s’adaptant sur les reliefs accidentés tels que les ovins, les bovins, les caprins, l’aviculture, l’apiculture, etc. mais les tempêtes de neige de février passé suivies d’un froid glacial jamais vécu dans la région de mémoire d’homme, n’ont pas été sans conséquences pour certains agriculteurs, notamment des éleveurs qui se trouvent ruinés du jour au lendemain. «Déjà nous en tant qu’humains on avait du mal à trouver quoi manger et se chauffer et les routes étaient restées bloquées. Le cheptel aussi a souffert avec la vague de froid inhabituel qui a sévi durant des semaines et certains éleveurs n’ont pu sauver leurs bêtes. Beaucoup d’éleveurs ont vu d’ailleurs une partie de leur cheptel décimée et ne savent même pas à qui se plaindre pour se faire rembourser les pertes enregistrées», dira un éleveur dans la tourmente. Les étables les plus touchées sont celle situées en haute montagne, dans des endroits surtout isolés. La plupart des éleveurs ne sont pas instruits et butent sur des entraves bureaucratiques quand ils font des démarches pour se plaindre à qui de droit pour demander des subventions de compensation des pertes subies. «Les organismes étatiques pour se dérober nous incombent la responsabilité pour ne pas avoir contracté des contrats d’assurances agricoles contre les calamités, ce qui nous démunirait contre les pertes de ce genre. Ils ne savent pas que nous n’avons reçu aucune formation et la gestion n’est pas notre fort. Nous avons du mal à assurer les rations alimentaires nécessaires à notre cheptel avec les augmentations des prix ayant frappé les aliments de bétail tels que les fourrages, l’orge… comment se permettre de songer à contracter des assurances qui coutent chers d’abord et ne rentrent pas dans nos mœurs», tels sont les propos provenant des éleveurs des daïras de Seddouk et Beni Maouche, résignés, qui attendent un geste des pouvoirs publics qui les sortiraient de l’ornière. A Bouhamza, M’Cisna en passant par Beni Maocuhe, le constat est le même. Des éleveurs qui ont subi des pertes dues aux calamités naturelles ou aux maladies ont obtenu leurs cheptels grâce au concours des organismes préteurs. Aujourd’hui, ils pataugent dans des difficultés pour rembourser leurs préteurs.
Pour bien dire les choses, si le commerçant et l’industriel peuvent déterminer plus au moins à l’avance les bénéfices à engranger, il est impossible que ce soit la même chose pour un agriculteur, qui en achetant une vache peut la perdre dans les prochains jours suite à une maladie… C’est pourquoi les organismes d’assurance agissant dans le domaine de l’agriculture doivent jouer pleinement leur rôle en allant chez les agriculteurs pour les sensibiliser ou les convaincre à contracter des assurances qui les prémuniraient contre les risques.
L. Beddar

