Avant d’apporter des témoignages sur le carnage qui a eu lieu en cette date funèbre à Paris contre des manifestants algériens, des moudjahiddines, militants du FLN, membres de l’Association qui ont vécu cette tragédie, dont M. Lounis, Mme Benchnouf Hafid Malika, le secrétaire général du ministère des Moudjahiddine, M. Mellali Abderzak ainsi que le représentant du président du Conseil supérieur de la langue arabe, M. Si Bachir Mohamed Tayeb ont invité le public qui était présent à cette cérémonie (personnalités politiques, des moudjahidine et des étudiants), à écouter l’hymne national. Une minute de silence a été également observée par la suite. Le président de l’association, M. Benyounes propose à cette occasion la projection de 20 minutes d’un film documentaire de Ali Ghalem qui s’intitule » 17 octobre 1961 » dans lequel des témoignages ont été donnés par des Français et des Algériens qui ont été présents lors du massacre contre des manifestants pacifiques algériens. Ces derniers manifestaient sous l’ordre du FLN contre un couvre-feu qui leur a été imposé par la police parisienne sur ordre de Maurice Papon, préfet de police de Paris. Un photographe professionnel français qui était le seul, selon ses dires à être dans la rue lors du déclenchement des tueries dira : « J’étais le seul photographe à être sur le terrain pour prendre les images les plus atroces de la sauvagerie humaine exercée contre des manifestants non-violents. Je peux témoigner pour ma part, à travers ces films photographiques, de ce que les Algériens ont vécu de la sauvagerie humaine de Papon ».Le président de l’Association de moudjahidine de France dira dans son allocution que cette date est célébrée pour rester dans l’histoire et pour quelle soit ancrée dans les mémoires des Algériens. »Des meurtres ont été commis contre des pacifistes algériens. Ces immigrés de France qui militaient sur le sol de l’ennemi de la même façon que ceux qui militaient dans le pays. Ces gens ont résisté et payé cher leur indépendance. Il faudrait que cela reste marqué dans l’histoire », dira M. Benyounes.Le père de la fédération de Moudjahidine de France, M. Omar Boudaoud témoignera pour sa part sur les trois dates du 17, 18 et 19 octobre qui ont endeuillé l’Algérie. »J’estime que le carnage du 17 octobre est l’un des lourds dossiers de la guerre de la Libération nationale. Un couvre-feu a été imposé en cette date à toute personne d’origine algérienne vivant à Paris, à partir de 20h00 et jusqu’à 5h30. A cet effet, le FLN leur a fait appel pour manifester pacifiquement dans les boulevards de la ville contre cette décision imposée par Papon. Des hommes, des femmes et enfants sont sortis ce jour là sans savoir ce que la police de Paris leur réservait. Des milliers de policiers les attendaient pour arrêter et assassiner des centaines d’entre eux », raconte t-il.Un agent de liaison, Mme Feria qui était présente à cette commémoration parlera, elle aussi de la souffrance, de la résistance et de la solidarité entre les femmes algériennes. »Lors du massacre, j’étais à Lyon. Toutes les familles qui étaient dans cette ville ont loué des bus pour aller à Paris ramener les épouses des hommes qui ont été arrêtés le 17 et 18 octobre, lors du couvre-feu. Nous nous sommes tous déplacés devant la prison Saint-Paul de Lyon pour manifester afin de libérer ces hommes », dira-t-elle.
Fazila Boulahbal
