L’hommage dédié au poète Saïd Debiane et organisé par la direction de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou, s’est achevé hier à la maison de la culture Mouloud Mammeri, qui a abrité l’événement samedi et dimanche derniers.
Au programme, une exposition a orné le hall de la maison de la culture durant les deux dernières journées. Le fils du poète, Ali Debiane a participé à l’hommage dédié à son père, et ce, par une exposition de sa propre œuvre. Il a en effet marqué sa présence par des toiles, une façon d’exprimer une pensée à la mémoire de son père de qui il hérite l’expression artistique. Ceci, en plus d’une autre exposition de photographies et d’articles de presse sur la vie du poète. Des membres de sa famille ainsi que ses amis, n’ont pas manqué au rendez-vous samedi, pour venir au petit théâtre de la maison de la culture, afin de l’honorer, à leur tour et témoigner sur sa vie, son parcours et son œuvre. Le poète et écrivain Mohamed Ghobrini, ainsi que M. Hamid Mezaoui des éditions Le savoir, ont de leur côté laissé leurs empruntes dans la festivité dédiée en hommage à Saïd Debiane et ce par l’animation dans la même journée de samedi, d’une conférence débat sous le thème, «Les difficultés de l’édition d’oeuvres de poésie». Et ce, avant le récital poétique dans l’après midi par l’atelier de poésie de la maison de la culture. Quant à la seconde journée d’hier, Maouza, le village natal du poète, a été la destination d’une foule qui s’est recueillie dans la matinée sur sa tombe, avec le dépôt d’une gerbe de fleurs à sa mémoire. Tandis que «Gar Waggur akked yitij», «Anujef» (l’angoisse) et «Azuli akked lfuha», ont été les titres des poèmes récités respectivement par Ahmed Khettabi, Mohamed Aouchiche ainsi que Abderezak Farez, dans l’après-midi à la salle de spectacle. Ceci tandis que parallèlement, et dans sa région natale, Larbâa Nath Irathen, d’autres activités sont prévues pour aujourd’hui, dans le cadre du même événement. Un récital poétique sera animé dans la matinée d’aujourd’hui, à la salle de spectacle de Larbâa Nath Irathen. Alors que la clôture de l’hommage sera pour cet après-midi par un gala artistique. Pour rappel, Saïd Debiane est né un certain 16 mai 1944, il s’est instruit et inspiré à l’instar de plusieurs autres artistes, du patrimoine transmis oralement notamment dans la société kabyle. Il fut autodidacte, il s’introduit très jeune dans le monde poétique. Les contes, les dictons et les proverbes racontés par sa mère lui ont servi d’appui et ont été sa principale source d’inspiration. Il a été qualifié «comédien de naissance» par ses proches. Saïd Debiane est à la fois poète, auteur compositeur, comédien et acteur de cinéma. Il a été adhérant dans plusieurs associations et troupes théâtrales ainsi qu’à l’atelier de poésie de la maison de la culture Mouloud Mmmeri. Il a composé des textes pour beaucoup de chanteurs à l’image de Fetta Idourar et Saïd Mehalem. Il a participé à plusieurs rencontres et festivals de poésie. Il a joué des rôles dans des pièces avec plusieurs troupes ainsi qu’avec l’atelier de théâtre de la maison de la culture. Il a également joué son premier rôle de cinéma dans un film intitulé «l’ennemi intime» du réalisateur français Florent Emilio Siri. Ceci, en plus d’autres films dont notamment «Agaruj», «Butqurdac» et «tant pis et je m’en fous». Quelques jours seulement après le tournage du dernier film, le 29 septembre 2011, Saïd Debiane décède à Larbâa Nath Irathen. Il a été enterré à Mazouza, son village natal.
R. Selmani

