Les élections anticipées de Kabylie — que nous a craintes, un moment, de voir boycottées par les partis politiques que l’on dit enracinés dans la région — suscitent un engouement local. Les partis mais aussi les indépendants se sont empressés de déposer leurs listes et de commencer à faire campagne. Les électeurs que, pour une fois, on n’appellera pas au boycott, seront sans doute du moins nombreux à aIler voter. Pour une fois, aucune partie ne les appelle à boycotter et on n’exercera pas sur eux des contraintes physiques ou morales, comme cela s’est passé au cours de précédents scrutins, notamment celui du 29 septembre. C’est tant mieux pour la démocratie, c’est tant mieux également pour la Kabylie qui ne doit pas se limiter, comme l’a affirmé récemment, dans une interview à un journal, Amara Benyounès, secrétaire général de l’UDR. Si bataille et si compétition il y a, ce sera, cette fois-ci, par des moyens pacifiques, du moins l’espère-t-on. Ceux qui pensent que les élections communales ne sont pas importantes se trompent : si les communes ne dirigent pas la politique de la nation ou ne légifèrent pas, elles ne président pas moins la vie sociale et économique des populations, elles ne gèrent pas moins leur vie quotidienne. Les routes, l’eau, le gaz, l’électricité, l’école, les loisirs, l’hygiène, ce sont elles. L’enjeu est colossal depuis que le gouvernement, décidé de relancer l’économie de la Kabylie, a annoncé un budget de quatre milliards de dollars pour la région : voilà un pactole qui permettra à régIer bien des problèmes et de générer, s’il est employé à bon escients des milliers de postes de travail. De quoi stabiliser la région et lui rendre sa prospérité d’antan. Les barricades, il faudra désormais les dresser devant la pauvreté, le laissez-aller et la gabegie, qui ont longtemps sévi dans la région, en élisant, à la place qu’il faut, les hommes qu’il faut.
S. Aït Larba
