La contrefaçon fait rage et devient encore plus lucrative. Si les autorités et la société civile se mobilisent pour y mettre un terme, force est d’admettre néanmoins que ce phénomène, qui ne cesse de prendre des proportions alarmantes, n’a épargné aucun secteur. La circulation frauduleuse de médicaments, de produits alimentaires, de cosmétiques, de matériel médical, de pièces détachées automobiles et de bien d’autres produits, est aujourd’hui un phénomène qui envahit le marché algérien menaçant l’économie du pays et la santé de la population. En dépit des mesures réglementaires et institutionnelles arrêtées par les pouvoirs publics, la contrefaçon continue à prendre des proportions alarmantes. En effet, l’Algérie peine encore à lutter contre ce phénomène. Selon le porte-parole de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), M. Boulenouar Hadj Tahar, «pas moins de 50 000 tonnes de produits contrefaits sont commercialisées, chaque année, en Algérie». Toutefois, les produits contrefaits représentent chez nous environ 30% du marché national. Le porte-parole de l’UGCAA a fait savoir, dans le même contexte, que « pas moins de 50 000 tonnes de produits contrefaits et périmés passent par le marché informel. Des commerçants légaux préfèrent écouler des produits dont la date de péremption approche dans le circuit informel». Sur ce registre, M. Boulenouar a souligné que «l’informel a pris de l’ampleur dans notre pays», précisant que « 300 points de vente informels se sont ajoutés, à la veille du Ramadhan, aux 2 000 déjà recensés au niveau national». Pour ce mois de Ramadhan, la contrefaçon a touché les produits alimentaires de large consommation tels que «le frik, les prunes, les jus et les produits destinés à la confection des gâteaux». Tout en déplorant «l’absence d’une loi qui permettrait de contrôler le commerce informel», le porte-parole de l’UGCAA a estimé que «ce dernier est protégé par un vide juridique». Par ailleurs, un programme national d’assainissement des activités commerciales informelles a été mis en œuvre, ces deux dernières années, pour endiguer ce phénomène à travers l’intégration des commerçants informels dans les circuits officiels. «De nombreuses mesures destinées à la résorption du commerce informel ont été ainsi prises par le ministère du Commerce ou en concertation avec celui de l’Intérieur et des collectivités locales», a affirmé M. Amara Boushaba, directeur de l’organisation des marchés, des activités commerciales et des professions réglementées au ministère du Commerce.
L.O.CH
