Les dissensions se multiplient au MSP !

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Aujourd’hui qu’il n’est un secret pour personne que Amar Ghoul ne fait plus partie des rangs du Mouvement de la Société pour la Paix, après avoir démissionné de ses rangs, l’on vient d’apprendre que Lotfi Ahmed, membre du bureau national, vient de lui emboîter le pas en claquant les portes du parti. Idem pour le porte-parole du parti, Mohamed Djemaa, qui a indiqué à son tour avoir «émis verbalement le vœu de démissionner». A l’aune du lancement du nouveau parti «l’Algérie pour Tous», sous la férule de l’ancien ministre des Travaux publics, des éléments pourraient avoir quitté ou vouloir quitter le parti, sans que cela ne soit fait officiellement, apprend-on de sources très au fait des coulisses du parti islamiste, ex-membre de la coalition gouvernementale. C’est que les choses ont l’air d’avoir bien avancé puisque l’annonce officielle de ce nouveau parti est pour bientôt. «Dans les jours qui viennent», selon Amar Ghoul. Doit-on s’attendre alors à une saignée dans les rangs du parti, avec notamment le départ des autres ministres, à savoir Benbada, Khanafou et Smaïl Mimoun ? Rejoindront-ils le parti de Amar Ghoul avec l’espoir de garder leurs postes de ministres ? C’est ce qui est en train de se dire, même si ces ministres n’ont, pour le moment, rien annoncé dans ce sens. Et pour faire la lumière sur cette mini-cascade de démissions et, surtout, le départ de Amar Ghoul qui a fait beaucoup jaser au sein du parti et en dehors, un conseil consultatif (Madjliss Echoura) important se tient, depuis hier, à l’hôtel Raouf (Staouéli) et ce durant deux jours. Cette réunion qui se tient dans une conjoncture particulière pour le parti, aura à débattre de sujets brûlants, tels que l’évaluation de la participation du parti aux dernières élections législatives du 10 mai, la participation du parti aux prochaines élections locales prévues avant la fin de l’année et, si ce n’est la question la plus charnière, cette cascade de démissions de hauts responsables du parti qui risque de faire voler en éclats les fondements même du parti. Pour les observateurs avertis, cette session du Majliss Echoura ne sera pas une simple sinécure pour Bouguerra Soltani, qui aura à s’expliquer sur la piètre prestation aux dernières législatives du MSP, qui bien que flanqué des mouvements Nahda et El Islah dans le cadre d’une coalition islamiste, a enregistré un recul dans le score par rapport aux précédentes élections. Il est clair que nombre de membres du conseil susmentionné ne manqueront pas de reprocher au président du parti ses précédentes décisions, notamment celle d’avoir quitté l’alliance présidentielle pour la coalition verte. C’est ainsi que Boudjerra Soltani, qu’on dit aux abois depuis les dernières élections législatives qui ont vu la coalition islamiste réaliser de piètres résultats, loin en tout cas des espérances, passera «un mauvais quart d’heure» lors de cette réunion du Conseil consultatif. Et que son sort serait véritablement scellé. Accusé par les cadres du MSP d’avoir été à l’origine d’échecs cuisants lors de la précédente consultation législative et des dissensions qui commencent à bourgeonner. Mais ce n’est pas le seul grief retenu contre le président du MSP. Déjà lors des élections législatives du 10 mai dernier, quand il se voyait triomphant à la tête d’une mouvance islamiste algérienne, Soltani a multiplié les offres à ses «amis» du Qatar et de la Turquie.

Ferhat Zafane

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