Iboudrarène Mort de 60 bêtes du cheptel octroyé aux éleveurs en mars dans le cadre du PPDRI – La maladie décime le cheptel ovin

Les vingt-huit bénéficiaires d’unités d’élevage ovin de la commune d’Iboudrarène, dans le cadre du programme de proximité pour le développement rural intégré (PPDRI), contrat de performance 2009, commencent à déchanter, cinq mois, à peine, après avoir reçu leurs « modules » composés chacun de 10 brebis et de deux béliers. La raison de ce désenchantement, est que le cheptel acquis est en train d’être décimé par « une maladie qui atteint les bêtes et qui les tue au bout de quelques jours seulement », selon les déclarations des bénéficiaires, formulées en plaintes auprès des services de l’agriculture de l’APC. Jusqu’à présent, plus d’une soixantaine de têtes sont mortes au niveau de la commune et ce n’est pas encore fini, puisque les éleveurs, qui ont bénéficié de ces ovins font état d’autres bêtes malades qui « finiront aussi par mourir, même après intervention du vétérinaire », se plaignent-ils. L’APC d’Iboudrarène, devant le défilé d’éleveurs dans son service de l’agriculture, bureau où ont été signés les cahiers des charges, entre les bénéficiaires et la conservation des forêts de Tizi-Ouzou, a fait état, dans un courrier adressé au responsable de la circonscription des forêts d’Azazga, en date du 06 juillet 2012 sous le n° 209/BA/SG/2012, du « mécontentement des apiculteurs et éleveurs (ovins) auxquels vous avez adressés des mises en demeure où vous avez mentionné qu’un constat de prospection sur site a été établi. Quant à la diminution du module dont ils sont bénéficiaires, elle est due aux aléas climatiques (neige et froid glacial) du mois de février 2012, information communiquée par nos services à votre administration… De ce fait, l’APC s’est déclarée être « solidaire de l’action des apiculteurs et éleveurs mis en demeure (…) Cependant, si la vague de froid et la tempête de neige du mois de février dernier est, en effet, la cause de la disparition totale du parc apicole de la commune, acquis également dans le cadre des PPDRI, les bénéficiaires du cheptel ovin, dans le même cadre, récusent cette justification « climatique » du fait que leurs « modules d’ovins » soient « acquis vers la fin du mois de mars 2012 et donc bien après la période de neige, même s’ils est vrai que les cahiers des charges ont été signés au mois de décembre 2009 », expliquent-ils. Pour les « victimes » de ce programme d’aide de l’état au développement rural, « c’est une maladie qui touche le cheptel au niveau de la tête, pendant quelques jours, avant de le terrasser ». Les constats de mortalité établis par les vétérinaires, comme nous l’avons constaté sur l’un des certificats, attribuent la cause de la mort à « une nécrose du cortex cérébral », c’est-à-dire une sorte de tumeur maligne qui se termine toujours par la mort du sujet atteint. Et les éleveurs parlent tous des mêmes symptômes qui apparaissent sur leurs bêtes avant leurs morts. Tous les bénéficiaires au niveau de la commune ont subi au moins la perte d’une tête ou deux de leurs cheptels. Aujourd’hui, ils assistent impuissants à l’anéantissement d’un « patrimoine », loin d’être un « don gratuit de l’état », qui leur est revenu plus cher encore. En effet, les éleveurs, en plus de la maladie qui réduit chaque jour le nombre de leurs bêtes, des frais de vaccins, de prestations vétérinaires et des charges supportées depuis cinq mois pour l’entretien des bêtes, se disent « floués également dans les clauses des cahiers des charges qui nous engagent sur cinq ans et dans l’exagération du prix de ces ovins, estimés entre 220 000DA et 280 000 DA le module, alors que sur le marché aucune tête parmi elles ne vaut plus de 6000 DD. De plus, lors du chargement de ces bêtes au niveau de Draâ Ben Khedda, on nous a servis de la même façon sans aucun tri des bêtes, pourquoi alors cette différence de prix au niveau des cahiers des charges ?» Par ailleurs, la probabilité de l’augmentation de la production de ce cheptel serait, toujours selon des bénéficiaires, « impossible pour le moment. J’ai même utilisé un bélier local et j’ai suivi l’opération pendant trois mois, mais cela a été vain », a déploré un d’entres eux. La solution préconisée par les services des forêts, de reprendre le cheptel et de résilier les contrats, est rejetée par les éleveurs : « En plus des charges supportées et de tous ce temps perdu à entretenir ces bêtes pendant près de cinq mois, nous n’acceptons pas de céder les 15 630,00Da de fonds propres consentis ». Tout en dénonçant l’article 4 du cahier des charges, les bénéficiaires espèrent « une indemnisation des pertes subies, la réduction de la durée de cinq ans avant de pouvoir se débarrasser de ce cheptel et aussi, revoir à la baisse les prix de ces ovins fixés dans les cahiers de charge». Pour faire entendre leur voix, les vingt huit bénéficiaires d’Iboudrarène sont en concertation entre eux pour trouver « la solution à envisager pour être rétablis dans nos droits ». Selon des échos qui nous parviennent à travers les villages, une action en justice contre la Direction de la conservation des forêts ne serait pas exclue.

Nassim Zerouki