Depuis quelques années, le recours aux cours particuliers de langue française est devenu un véritable phénomène de société dans la commune d’El Hachimia. Ces cours sont assurés dans le chef-lieu de la wilaya de Bouira, à 20 km au nord d’El Hachimia, par des enseignants qui exercent en leurs domiciles. De toute évidence, les élèves et leurs parents commencent à prendre conscience de l’importance de la langue française, d’autant plus qu’une grande partie des matières scientifiques enseignées à l’université sont dispensées dans cette langue. Un tel engouement doit trouver certainement son explication dans la qualité peu enviable de l’enseignement de la langue française dans les écoles, les collèges et les lycées de la région. Les parents d’élèves déplorent que leurs enfants ne puissent pas s’exprimer correctement, ni par écrit ni oralement, en français. Leur inquiétude s’accroît au fur et à mesure que les élèves avancent dans les leurs scolarité. En effet, dés le lycée, une certaine appréhension commence à hanter les esprits, du fait que l’examen du bac et les études universitaire approchent. Ce phénomène et surtout visible chez les élèves de la filière « langues étrangères ». Parallèlement à cette « mode » de cours particulier, les élèves développent un certain complexe vis-à-vis de la langue française qui ne cesse d’être considérée comme la « langue du colonialisme ». Il y a lieu de signaler que certains étudiants de l’université originaires d’El Hachimia, n’ont pas bénéficié d’une bonne formation de base en langue française pendant la décennie du terrorisme. Les cours étaient boudés et, dans certaines localités, des terroristes avaient carrément interdit aux élèves de se rendre aux cours de français. Le résultat est que le niveau général de la langue Molière demeure très faible. Face aux nouveaux enjeux de la formation en tant que moyen d’accès au monde du travail, les parents d’élèves cherchent tous les moyens possibles pour faire acquérir à leur progéniture cet outil linguistique de première importance.
Hafidh B.
