Le traditionnel Forum du quotidien El Moudjahid a abrité hier, une conférence sous le thème «la bonne gouvernance des communes », animée par l’économiste Abdelmalek Serrai.
Face à un auditoire des plus appliqués et assidus, l’orateur a fait un constat plutôt critique, en matière de gestion des communes par un bon nombre d’élus, auxquels il reproche, entres autres, de ne pas disposer de qualifications nécessaires pour l’accomplissement de leurs missions. Et pour étayer ses dires, Abdelmalek Serrai a indiqué : « 50% des élus n’ont pas le niveau universitaire ». Et comme conséquences de cette situation, il fera remarquer qu’entre 2011 et 2012, « le nombre de communes déficitaires a augmenté de façon spectaculaire », « Le nombre des communes déficitaires financièrement, en 2012, est estimé à 1 249 », a-t-il avancé avant de rajouter que ce chiffre représentait un taux de 74% par rapport au total des communes du pays. Raison pour laquelle, l’expert a qualifié cette situation de « catastrophique ». Pourtant, a-t-il estimé une enveloppe financière importante avait été accordée aux municipalités. « Pas moins de 40 000 milliards de dinars ont été attribués aux communes en 2006, au profit des communes de 30 Wilayas du pays», a-t-il assuré. « En 2006, les communes déficitaires étaient au nombre de 1 138 sur un total de 2 541 communes au niveau national. En 2009, le nombre de communes en difficulté était de 417. En 2010, leur nombre a chuté pour atteindre 14 seulement », a affirmé le conférencier. Toujours tranchant, mais évoquant un autre registre, Abdelmalek Serrai a fait savoir à l’assistance, médusée, que « 1 650 maires ont été poursuivis en justice, entre les années 2007 et 2012, pour mauvaise gestion », tout en précisant que dans la seule wilaya d’Alger, 20 maires, ont été poursuivis en justice durant la seule année 2012. Pour rappel, il est utile de préciser que les motifs de ces poursuites sont principalement en rapport avec des conclusions de marchés contraires à la réglementation. Ce chiffre a été dévoilé la semaine dernière, par le directeur général des affaires juridiques et des libertés publiques au ministère de l’Intérieur, Mohamed Talbi, qui a précisé : « le ministre de l’Intérieur a pris des mesures concrètes en éliminant de la gestion locale, tout ceux qui ont violé la loi et qui ont enfreint les règles de la bonne gestion des communes ». Aussi, faut-il le préciser, un bon nombre de malversations, dans l’attribution des marchés liés à des projets communaux, a été enregistré dernièrement. Des responsables d’entreprises, essentiellement de travaux publics, sont mis en examen par la justice. Rien que dans la wilaya de Boumerdès, quatre présidents d’APC ont été suspendus ces deux derniers mois par le wali. La justice leur reproche, entre autres, d’avoir signé des marchés douteux durant la gestion des affaires de leur localité en violation des lois en vigueur.
Ferhat Zafane

