Faire connaître Abane aux jeunes

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La Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou a abrité hier, un hommage à l’architecte de la Révolution algérienne, Abane Ramdane.

Tout au long de la table ronde qui a eu lieu dans le petit théâtre, le public, venu nombreux, attendait avec impatience les différents intervenants, espérant connaître de nouveaux détails sur les circonstances de la mort du grand héros de la révolution. Espoirs auxquels mettra fin le neveu de Abane, qui répondait justement à une question de l’assistance à ce sujet : «  Concernant l’assassinat de Abane Ramdane, tout a été déjà dit. Nous préférons que ce rendez-vous soit un moment de rencontre autour de l’œuvre et de la vie de Abane. Et moi je ne suis pas historien pour m’étaler là-dessus. Il a déjà été dit, à l’occasion de certaines rencontres, notamment par Lakhder Bentobel lui-même, « c’est nous qui avons tué Abane Ramdane », qui nous ? Les 5 colonels du 2ème Comité de coordination et d’exécution (CCE), à savoir  Krim Belkacem, Ouamrane, Bentobel, Mahmoud chérif et Boussouf ? ». Abane Ali, qui a donc fait partie des animateurs de la table ronde reviendra ensuite sur les principaux événements qui ont marqué la vie de son oncle. « Le devoir de libérer le pays a pris possession de lui alors qu’il n’était encore qu’un écolier », racontera-t-il. En effet, Abane Ramdane qui avait la chance de bénéficier d’une instruction, voulait que ses études aient un but et servent à quelque chose. C’est d’ailleurs grâce à son instruction additionnée à son intelligence qu’il parviendra à prendre les rênes de la révolution en faisant parti du groupe des Six. Une révolution dont le déclanchement a d’ailleurs failli être reporté étant donné que le militant se trouvait encore en prison d’Albi à Tarn, au Sud-ouest de la France, où il purgeait une peine de 5 ans qu’il avait entamée en 1951. Toujours selon Ali Abane, qui expliquait en rapportant les dires de Athmane Belouizdad : « on voulait attendre la sortie de Abane de prison pour commencer les hostilités, c’est Boudiaf qui a refusé en disant qu’à sa sortie Abane aura toute sa place parmi les combattants ». Abane Ali ajoutera que son oncle, à sa sortie de prison : « avait trouvé une révolution à l’agonie. Pratiquement tous les chefs n’activaient plus, certains étaient tombés au champ d’honneur et d’autres avaient été emprisonnés. Il devait en toute urgence réorganiser les choses et faire réévaluer les moyens logistiques et matériels de la révolution. Chose qu’il a pu concrétiser en créant le CNRA, lors du Congrès de la Soummam ». De son côté Si Ouali, officier de l’ALN et membre de l’ONM soulignera le sens de l’organisation qui caractérisait Abane et grâce auquel le travail de l’UGM, l’UGTA et l’UGCA a pu être justement organisé. Invité à prendre par à la table ronde, Ali Haroun, frère d’arme du lion du Djurdjura, insistera quant à lui, sur la nécessité de transmettre aux générations futures l’histoire du pays. Mais pas de n’importe quelle façon, expliquera-t-il, en invitant « la dernière génération de militants à laisser des témoignages honnêtes de cette épopée, car la révolution algérienne en est une, et il faut que nos enfants en prennent conscience ». Lors de la phase réservée aux interventions des présents, Mohamed Ghafir, de son nom de guerre, Moh Clichy, reviendra quand à lui sur le rôle qu’a joué le fils de Azouza dans les activités de la Fédération FLN de France : « celle-là même qui a fonctionné selon les consignes de Abane Ramdane jusqu’en 1962 ». Par ailleurs, dans l’après-midi, les amateurs d’Histoire ont assisté à la projection du film « Argaz ni », relatant la vie et le parcours du héros. Un programme tout aussi riche est prévu pour aujourd’hui, au niveau de la localité qui a donné naissance à ce valeureux combattant, Larbaâ Nath Irathen en l’occurrence. En effet, une visite est prévue au musée Abane Ramdane, au village Azouza. Départ en fanfare le long du boulevard Abane Ramdane, suivi d’une cérémonie de recueillement et du dépôt d’une gerbe de fleurs à la stèle. Cette après-midi, une conférence débat aura lieu dans la salle de cinéma Afrique. Elle sera animée par le professeur Abane Belaïd, comme annoncé dans le programme.

Ch. T.

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