Le réseau d’Internet à Souk El Tenine, commune de la daïra de Maâtkas, au sud de la wilaya de Tizi-Ouzou, est devenu, au fil des années, une source d’angoisse et d’inquiétude, tant pour les abonnés particuliers que pour les propriétaires de cybercafés et des internautes.
En effet, le monde virtuel, censé apporter un peu de réconfort et d’évasion aux internautes, devient, à cause notamment des récurrentes déconnexions et de la lenteur excessive du réseau, une source de stress, tant le curseur ne fait que tourner dans le même sens sans parvenir à ouvrir la page demandée. Un amateur du web, que nous avons rencontré dans un cybercafé du chef-lieu, dira avec beaucoup de regret : « Dans notre village, il n ya pas d’Internet. Nous venons donc jusqu’au chef lieu pour nous connecter, mais même ici ce n’est pas évident, tant la connexion est trop lente. Nous n’arrivons pas à ouvrir nos pages préférées et contacter nos amis. Les fréquentes déconnexions et la lenteur du réseau fait que nos nerfs prennent un sérieux coup. Venu pour nous divertir, nous ressortons la tête prête à exploser et nous payons ce que nous n’avons pas consommé ». Les propriétaires de cybercafés sont, eux aussi, inquiets et ne savent plus à quelles autorités s’adresser pour améliorer la connexion et sauver, ainsi, leur unique gagne pain. Un des propriétaires regrettera : « Nous avons, à maintes reprises, interpellé Algérie Télécom, mais en vain. Il y a deux ans, nous avons même établi une pétition, signée par plus de 500 personnes, pour réclamer une meilleure connexion et un nouveau réseau. Les autorités concernées ont, comme à leurs habitudes, usé de la politique de la fuite en avant. Les techniciens viennent pour procéder à des réparations, mais cela ne dure pas très longtemps. Les déconnexions reviennent et la lenteur du réseau ressurgit en quelques jours seulement. Cette fois, nous comptons beaucoup sur la presse écrite, que nous avons décidé de saisir pour tenter de faire bouger les responsables, avant de procéder à d’autres actions plus radicales ». Le même propriétaire révélera : « Nous payons les frais d’abonnement qui s’élèvent à 19 000DA. Les frais de location du local sont à 10 000DA. Nous employons un agent auquel nous versons 10 000DA comme salaire, sans parler des factures d’électricité et d’eau qui sont en moyenne de l’ordre de 10 000 DA, ajouter à cela les frais de réparation du matériel et des pièces de rechange. Au final, il nous faut plus de 60 000 DA pour nous acquitter de tous ces frais. Parfois, nous ne gagnons pas autant, surtout que les clients se font de plus en plus rares à cause de la mauvaise qualité du réseau. Nous réclamons un nouveau matériel, en vue de nous permettre de travailler et de nourrir nos familles. A ce rythme, nous n’aurons d’autres choix que de saisir les plus hautes autorités du secteur, avant de songer à mettre la clé sous le paillasson, comme solution extrême ». Il faut dire que certains propriétaires de cybercafés à Maâtkas ont préféré changer d’activité et ouvrir des fast-foods, c’est plus rentable dans notre pays. C’est dire que les services compétents et les responsables locaux sont sommés d’intervenir en vue de préserver cette activité.
Hocine. T.

