En 2008, la wilaya de Bouira venait de sortir d’une gestion plutôt tournée vers le volet sécuritaire. A lui seul, ce dossier s’est taillé la part du lion dans le budget alloué à la wilaya, avec près de 55% des recettes englouties. La région Est de la wilaya, qui était alors secouée par les évènements du printemps noir, accusait un retard énorme en termes de développement. Cette région était mal lotie car la dégradation de la situation sécuritaire rendait toute action de développement impossible. À son installation à la tête de la wilaya, en juillet 2008, Ali Bouguerra était confronté à un grand défi, celui de relancer la machine du développement et de rattraper les retards accusés pendant des années. Le contexte économique aidant, et ce à la faveur de l’embellie financière dont jouissait le pays, Ali Bouguerra, avec le dynamisme qu’on lui connait, a entrepris d’énormes chantiers.
Bouira a fait sa mue sous son règne !
Les plus importants étant ceux ayant attrait à l’aménagement et à l’amélioration urbaine. En 2008, la wilaya « dormait » sur véritable un matelas. Bouira n’avait consommé qu’à peine 20% d’une cagnotte estimée à plus de 500 milliards de centimes, destinée à l’amélioration urbaine. Aussitôt, des travaux de modernisation tous azimuts furent lancés par le wali. La ville s’est, dès lors, transformée en énorme chantier. Ce qui a valu au wali le sobriquet de « Ali le Poclin ». La même dynamique instaurée au niveau du chef-lieu de wilaya sera impulsée dans les plus importantes agglomérations de la wilaya. Des opérations d’amélioration urbaine ont touché les daïra de Ain Bessam, M’Chedallah, Lakhdaria et Sour El Ghozlane. Des boulevards y seront aménagés et de nombreux quartiers seront ciblés par des aménagements modernes. Le chef-lieu de la wilaya, que l’on a souvent assimilé à un grand bourg, a connu en quelques années, une modernisation sur le plan urbanistique. Le tissu urbain sera entièrement repensé. À la place des routes jadis étroites et dégradés, des boulevards verront le jour. Au moins quatre réalisations du genre seront aménagées en ville. Des ronds-points et deux trémies en plein centre-ville seront installés. Des esplanades et de nouveaux jardins publics viendront ornementer le tissu urbain. Ce dernier sera, pour la première fois, débarrassé de l’immense bidonville Gouizi, érigé à proximité du siège de la wilaya. Le bidonville où proliféraient toutes sortes de maux sociaux sera définitivement éradiqué pour laisser place à des jardins publics et des espaces verts. La cité commencera, peu à peu, à prendre la forme d’une ville moderne, à la faveur de l’édification, un peu partout sur les boulevards, de beaux immeubles et d’infrastructures publiques flambant neuf. Le règne de Bouguerra sera aussi marqué par un effort considérable sur le plan de la modernisation des infrastructures publiques. Une dizaine de directions se verront, ainsi, délocalisées vers des infrastructures neuves implantées un peu partout à travers la ville. L’effort va se poursuivre et se concrétisera par la réception de nouvelles infrastructures à travers les quatre coins de la wilaya. De nouveaux tribunaux, des polycliniques, des lycées… pour ne citer que ceux-là sont venus, ces dernières années, renforcer les infrastructures déjà existantes. Pour le secteur de l’éducation, l’objectif de doter chaque commune de la wilaya d’un lycée semble avoir été atteint. Les communes d’Ath Mansour, Ahnif, Saharidj, El Esnam, Taghzout, entre autres, disposent désormais d’un lycée. De même pour les établissements du moyen, dont une dizaine a été inaugurée ces deux dernières années. À Ath Yakhlef, Toghza et Aghbalou, trois CEM ont ouvert leurs portes l’an dernier.
2008/2013 un quinquennat ouvert sur l’énergie
Le quinquennat qui vient de s’achever aura été marqué par des avancées non négligeables en termes d’alimentation en eau potable et de raccordement au gaz de ville. Bouira dispose de deux barrages, Tilesdit et Koudiet Acerdoune, qui alimentent actuellement en eau potable une dizaine de communes, et ce sont toutes les municipalités de la wilaya qui seront, à terme, approvisionnées à partir des deux ouvrages. Actuellement, des travaux de transfert de l’eau à partir de Koudiet Acerdoune vers Lakhdaria, Ain Bessem et Sour El Ghozlane sont en cours de réalisation. À l’Est de la wilaya, des travaux similaires sont en cours pour alimenter Chorfa, M’Chedallah, Raffour, Ahnif et Ath Mansour à partir de Tilesdit. S’agissant du taux de pénétration en gaz, celui-ci s’élève actuellement à plus 70%, contre 38% en 2009. Onze communes, dont certaines en reliefs plus qu’escarpés, ont vu leur raccordement au gaz de ville entre 2008 et 2012.
Ah! le dossier du vieux bâti…
Il serait difficile d’énumérer l’ensemble des réalisations accomplies durant la gestion de Ali Bouguerra, tant elles sont nombreuses, tous secteurs confondus. Toujours est-il que ce dernier a veillé scrupuleusement à mener à bien les projets lancés. Ceci dit, la population aurait aimé que le wali mène à terme plusieurs projets d’utilité publique déjà lancés. Le problème du logement, un dossier qui a de tout temps suscité des vagues de protestation, est loin d’être résolu. D’ailleurs, des milliers d’unités, toutes formules confondues, attendent toujours d’être lancées ou réceptionnées. S’il y a aussi un problème qui tenait le wali vraiment à cœur, c’est bien celui du vieux bâti de la ville de Bouira. Ce dossier n’a pas connu de grandes avancées, et ce, en dépit de toute la volonté des pouvoirs publics.
D. M.
