Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa, a accordé un délai d’un mois, à l’interprofessionnelle pour structurer les relations entre les acteurs de la filière et contractualiser les rapports entre les abattoirs (publics et privés) et les éleveurs pour constituer des stocks. « L’abondance de l’offre, que connaît actuellement le marché des viandes blanches, est due, essentiellement, aux mesures fiscales d’encouragement prises par le gouvernement. Cela constitue une occasion pour la filière, afin qu’elle se structure davantage, et devienne plus forte », a affirmé le ministre, jeudi dernier, lors de la réunion du conseil interprofessionnel de la filière avicole. De ce fait, le premier responsable du secteur a appelé les membres de ce conseil à sensibiliser davantage les propriétaires d’abattoirs à adhérer au dispositif de régulation de la filière avicole appelé « la triangulaire », chapeauté par le groupe public ONAB, afin d’absorber le maximum de surplus de production pour consolider la pérennité de la filière. Il est à signaler que seulement une trentaine d’abattoirs privés et publics ont adhéré à ce système. A retenir que l’ONAB s’est engagé dans le cadre de ce système, à stocker l’équivalent de 10 000 tonnes de poulet à un prix avantageux de 200 DA/kg offert à l’éleveur, alors que le prix garanti par l’état est de 150 DA/kg. Selon l’union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), l’encouragement de la production nationale est la meilleure manière d’organiser le secteur et de mettre un terme aux pénuries et à la manipulation des prix de ce produit de large consommation. « La production nationale est estimée à 250 000 tonnes par an, alors que la demande est de 400 000 tonnes », a fait savoir, hier, El Hadj Tahar Boulenouar, le porte parole de l’UGCAA. Ce dernier a appelé les banques à s’impliquer davantage dans la production que dans l’importation, car les banques nationales, selon lui, n’encouragent pas l’investissement. Le porte parole de l’UGCAA a pointé du doit, également, la « mal organisation » du marché de la distribution. « On ignore la marge bénéficiaire des acteurs de la filière et le coût réel du produit », a-t-il indiqué en mettant en exergue la nécessité de désigner des zones pour l’élevage de volaille, dans le but d’encourager les éleveurs à maintenir ce métier.
Samira Saïdj.
