“Pour une régionalisation positive”

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Le wali de Béjaïa, Hamou Ahmed Touhami, a eu du mal, hier lors de son grand oral, à convaincre les élus de l’Assemblée populaire de wilaya, réunis en session ordinaire.

Venu défendre son bilan de l’année 2012, le chef de l’exécutif de wilaya «s’est contenté de faire du réchauffé », commente un élu. Trois heures durant, il a aligné les chiffres, tout en égrenant, un à un, tous les projets réalisés les années précédentes aux quatre coins de la wilaya. Face aux critiques, parfois acerbes, des élus quant aux retards accusés dans la réalisation de quelques projets, Hamou Ahmed Touhami a tout simplement mis en cause des oppositions de citoyens à l’implantation d’équipements publics, au passage d’une ligne électrique haute tension ou d’une conduite de gaz. Pour lui, les attentes de la population locale ont été presque toutes satisfaites. « À mon arrivée à Béjaïa, je tâtonnais, je ne savais pas où était le bout du fil. Dans mes priorités figuraient le taux de pénétration en gaz de ville, la pénétrante et le CHU. S’agissant du gaz de ville, la wilaya de Béjaïa était à un taux de 24%, aujourd’hui nous en sommes à 38%. Le projet de la pénétrante, pour moi, c’est du passé. Pour le CHU, c’est une opération centralisée », dira-t-il, provocateur. « J’attends de vous un mot de reconnaissance », lança-t-il à l’adresse des élus, en les invitant à aller sur le terrain pour voir tous les chantiers ouverts. Interpellé sur le taux de consommation des crédits, le chef de l’exécutif de wilaya a indiqué que Béjaïa se situe au même niveau que les autres wilayas. « Le taux national est de 20%, nous, nous en sommes à 27,5%. En tout cas, nous avons fait mieux qu’en 2011 », explique-t-il.  Dans une déclaration publiée avant-hier, l’APW de Béjaïa estime que « notre wilaya, complètement délaissée, marginalisée et livrée à elle-même depuis des décennies, mérite que justice lui soit rendue », insistant sur la nécessité de donner à Béjaïa « le rang et le statut qui devraient être les siens, eu égard à son histoire, à ses ressources, à sa position privilégiée et aux infrastructures stratégiques dont elle dispose (…)». Cela a fait bondir le wali, en rappelant que la wilaya a bénéficié de 1999 à 2013 de plus de 300 milliards de dinars. « Vous-même vous plaidez pour une mise à niveau de la wilaya, ce qui sous-entend que Béjaïa a été marginalisée », relève le P/APW. Lors de la lecture du document de l’APW, le Président de cette institution, Mohamed Bettache, a plaidé en faveur « d’une régionalisation positive dans le cadre national » pour, explique-t-il, « faire face à la crise multidimensionnelle que vit le pays et aux dangers qui le guette, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur », soulignant qu’il est impératif de mobiliser le peuple autour de l’intérêt général du pays et de « réhabiliter les institutions élues par une décentralisation des pouvoirs, et par plus de prérogatives et d’attributions pour leur permettre d’assumer et de prendre en charge réellement les préoccupations des citoyens et permettre une activité politique démocratique saine au service du pays ». Dans sa lancée, le P/APW a plaidé pour qu’on donne corps à « la démocratie participative », une vieille formule de l’ex-ministre de l’Intérieur, pour « mettre à contribution (…) l’ensemble des compétences et expertises disponibles au niveau de la région ». Pour y parvenir, Mohamed Bettache a fait savoir qu’il s’apprêtait à « installer un Conseil consultatif qui sera un apport précieux à l’institution que je préside et à notre wilaya », tout en se disant « convaincu » que l’exclusion de la société civile dans la gestion des affaires publiques va élargir le fossé qui sépare les gouvernés et les gouvernants.

Il est à signaler que le montant cumulé des crédits alloués à la wilaya de Béjaïa en 2012 s’élevaient à 15 935 210 000 DA, auquel s’ajoute un reliquat de l’exercice 2011 de 30 274 819 000 DA, portant la dotation globale à 46 210 029 000DA, avec un taux de consommation de 27,5%.

Dalil S.

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