Aïn Bessam se mobilise contre l’insécurité

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Faisant suite à un appel lancé par les membres de la famille du jeune Leboukhe Mohamed, assassiné dans la nuit de vendredi dernier, plusieurs  centaines de personnes, venues de différents quartiers du chef-lieu de la commune d’Aïn Bessam, ont organisé dans la matinée d’hier, un rassemblement de protestation.

Le rassemblement s’est tenu devant le siège du commissariat de la localité pour demander aux autorités compétentes d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens.Ainsi, tôt dans la matinée d’hier, une foule compacte s’est rassemblée au chef-lieu de la commune pour entamer une marche pacifique vers le siège tribunal de la ville. Mais la marche n’a pas eu lieu faute d’autorisation. Toutefois, les organisateurs ont tenu à observer un rassemblement pour exprimer, publiquement, le souhait de la population pour que la spirale du crime et du banditisme cessent. Les intervenants ont insisté sur la nécessité du retour de la sécurité. Ils se disent, également, prêts à aider les forces de l’ordre dans leur mission. Cette volonté de se défendre n’est pas née, cependant, du jour au lendemain. La population de cette localité de l’ouest de la wilaya de Bouira vit, depuis des années, sous la menace de toute forme de banditisme et de délinquance. Avant-hier, c’était le jeune homme Leboukhe Mohamed, âgé de 24 ans, qui a été assassiné en pleine rue, par une bande de délinquants en état d’ivresse. À signaler que c’est le troisième cas d’assassinat à l’arme blanche, enregistré depuis le début de l’année. « Nous sommes soumis au diktat des drogués et autres bandes de malfaiteurs qui sèment une véritable terreur dans toute la ville. La situation est devenue pire que les années de la violence terroriste. Impossible de sortir après 19 heures, c’est l’insécurité totale», lance, d’emblée, l’un des protestataires. Et d’enchaîner : « Nous nous sommes mobilisés, aujourd’hui, pour essayer d’empêcher de nouveaux drames, car ces meurtres par arme blanche sont malheureusement devenus monnaie courante chez nous. On se demande d’ailleurs, pourquoi les services de sécurité tardent toujours à réagir pour nettoyer la ville de ces délinquants qui nous terrorisent au quotidien? ». Les contestataires réclament, également, la fermeture immédiate des débits de boissons alcoolisées illicites qui pullulent dans cette ville. Ces derniers affirment qu’en raison de ces lieux non autorisés, le tapage nocturne a pris de l’ampleur : « À partir de 20h, des obscénités fusent de partout. Personne ne peut lever le petit doigt. Des locaux à l’abandon ont été transformés en débit de boissons alcoolisées, de vente de drogue et de lieux de débauche. Tout cela se passe, au vu et au su de tous les responsables, mais personnes d’entre eux n’a osé agir pour mettre un terme à ce climat de terreur», Nous dit un habitant du centre-ville. Et d’ajouter : « Les vols sont devenus légion. Les agressions se multiplient à tel point que même les employés du secteur public ne sont pas épargnés. Les fonctionnaires de la poste, des établissements scolaires et de l’état civil sont, régulièrement, menacés par ces délinquants ! ». Ainsi, et avec cette recrudescence flagrante de l’insécurité les citoyens de cette localité inquiets manifestent clairement leur volonté d’être à l’abri de ce genre de violence gratuite. « On ne sait plus à quel saint se vouer lorsque nous sommes confrontés au quotidien à ce problème, à tel point qu’on ne peut même pas laisser sa voiture à l’extérieur sans la présences d’un gardien, ou s’absenter de sa maison pour une seule nuit», déclare-t-on. Les habitants du chef-lieu ne comptent pas baisser les bras, et espèrent que leur unique doléance trouvera un écho favorable, auprès des autorités concernées par ce sujet. Après avoir lu publiquement un communiqué dans lequel ils exigent d’être protégés contre les voyous qui sèment la terreur dans cette ville, les habitants d’Aïn Bessam, via une délégation, ont remis une plate-forme de revendications aux responsables de la police ainsi qu’au procureur de la République. D’après les organisateurs, les autorités sécuritaires ont clairement admis le fait que la ville d’Aïn Bessam et ses citoyens vivent dans une situation difficile sur le plan sécuritaire.

Oussama. K.

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