C’est un tableau noir que dresse l’Union de wilaya de Tizi-Ouzou de l’UGTA sur la situation socio-économique des travailleurs au niveau de la wilaya et à l’échelle nationale. Pour l’Union locale « l’esprit du 1er mai s’est avéré par la force des choses, incompatible avec la réalité sociale des salariés ». Il s’agit là en fait, du titre d’une longue déclaration rendue publique à l’occasion de la célébration de la journée mondiale des travailleurs. Une déclaration à travers laquelle l’Union de wilaya descend en flamme les pouvoirs publics qu’elle accuse de « démission » et la centrale syndicale «calfeutrée », écrit-elle, « dans les locaux de la Maison du peuple pendant que l’injustice sociale sévit à ciel ouvert ». Les rédacteurs de la déclaration estiment, dans ce sens, que « bon nombre de fédérations nationales, auxquelles est dévolu le pouvoir de négociation, raison principale de leur existence, se retrouvent complètement effacées du terrain des luttes et totalement déconnectées de la base syndicale ». En outre, les rédacteurs de la dite déclaration font un constat accablant de la situation socio-économique du pays et surtout de la wilaya de Tizi-Ouzou. « Encore une fois, la fête du 1er mai intervient dans un contexte de tensions sociales qui secouent notre pays, en général, et notre wilaya, en particulier, des suites de la dégradation drastique du pouvoir d’achat, d’une inflation à deux chiffre, du bâclage des statuts particuliers des fonctionnaires de la fonction publique, de la précarité de l’emploi et de la montée spectaculaire du taux de chômage. Ce qui fait que la journée internationale des travailleurs, mondialement célébrée, est vidée de son sens et incompatible avec la réalité sociale des travailleurs Algériens, à partir du moment où le travail ne constitue guère une source d’émancipation et de bien-être », écrit l’Union locale, en préambule, dans sa déclaration, avant de passer en revue les différentes difficultés qui malmènent au quotidien les citoyens à Tizi-Ouzou, une wilaya qui recèle pourtant, note-t-elle, « des potentialités immenses en matière de développement économique dans tous les secteurs d’activité ». Ces potentialités qui demeurent, toutefois, inexploitées, fait remarquer l’Union locale de l’UGTA, à cause « d’une politique de désinvestissement, en cours depuis quelques années, ajoutée à une situation d’insécurité faisant que les opportunités de création d’entreprises, et par voie de conséquences d’emplois, restent en deçà des espérances ». Pour les rédacteurs de la déclaration, « cet état de fait a engendré un chômage endémique, notamment chez les jeunes, en général, et les diplômés en particulier ». Le second point évoqué par l’Union locale, qui n’a pas mâché ses mots pour dénoncer cette situation de précarité est relatif à ce qu’il convient d’appeler « le sous-emploi », à savoir les dispositifs créés par l’Etat dans le but d’anéantir ce même chômage, à savoir l’ESIL, l’IAIG, le DAIS, le CPE…etc. Des dispositifs « qui ne répondent pas aux besoins réels des jeunes et qui ne créent pas la valeur ajoutée, synonyme de croissance », estime encore le syndicat qui préconise une série de dispositions telles que « la mise en valeur de certaines activités, dans l’agriculture de montagne, le tourisme écologiques, l’artisanat… ». Il incite, en outre, l’administration à faire preuve de souplesse pour faciliter la tâche aux jeunes promoteurs. Poursuivant sa plaidoirie contre l’état de fait qui caractérise la société et le monde du travail, l’Union de wilaya dénonce l’entêtement des pouvoirs publics à ne pas abolir « le sinistre article 87 bis de la loi 90-11, qui travestit et vide de son sens la notion des salaires ». En outre, le syndicat n’a pas omis d’évoquer la situation des retraités « dont les pensions de misère ne leur permettent que de survivre ». Et à l’Union locale de se demander : « Que signifie le 1er mai pour les milliers de jeunes diplômés en quête d’emploi ? », « que signifie le 1er mai pour le parent pauvre de la fonction publique, dénommé corps commun et condamné à la misère sociale par un salaire de 13 000 DA ? », « Que signifie le 1er mai pour les centaines de travailleurs abusivement licenciés ? ».
M. O. B.
