Boudjima ils investissent la rue depuis samedi pour crier leur colère – Les habitants s’insurgent contre l’insécurité

Les habitants de la commune de Boudjima, 25 kms au nord-est de la ville de Tizi Ouzou, ont investi la rue, pour dénoncer la prolifération des bars clandestins et des lieux de débauche qui ont envahi la localité réputée jadis pour sa quiétude et sa sérénité.

Plusieurs centaines de villageois sont sortis depuis samedi dernier et ont fermé les axes routiers principaux qui mènent vers Boudjima. Ils exigent des autorités locales la fermeture immédiates de tous les bars et débits de boisson alcoolisées. La plupart des manifestants se sont regroupés au lieu-dit Alema Taghat, déterminés à demeurer sur les lieux jusqu’à satisfaction de leur revendication. L’éclatement d’une rixe entre deux bandes rivales à Boudjima dans un bar clandestin, le week-end dernier, fut la goûte qui fit déborder le vase. La bagarre s’était transformée en une véritable bataille rangée, où des chiens, des sabres et même des armes à feu ont été utilisés par les antagonistes. Un climat de guerre avait régné tout le week-end à Boudjima et a même atteint la localité voisine de Tikoubaïne, ce qui a fait craindre le pire aux habitants. « Nous avons assisté à des scènes de violences digne des films du far west. Nous avons craint le pire. Nos enfants et nos femmes n’osent plus sortir sans être accompagnés. Des voyous de tous bords rodent dans notre région ses derniers temps et sèment la panique et la terreur au sein des villageois. Nous ne pouvons plus tolérer cette situation. Il faut que l’Etat intervienne pour mettre un terme à cette anarchie », fulmine un jeune de Boudjima. Un autre ajoutera : « Ces bars mènent leurs activités dans une totale illégalité. Leurs gérants et propriétaires ont dépassé la ligne rouge. Nous n’acceptons pas ces pratiques contraires à nos mœurs et à notre éducation ! ». En effet, la prostitution et le proxénétisme se sont insinués dans la région, provoquant l’indignation et la révolte dans la population des Ath Ouaguenoun. Des femmes aux mœurs légères, étrangères à la région, se sont installées dans la localité attirant des clients qui arrivent de différentes contrées du pays. Résultat, le banditisme a trouvé un terrain propice, au grand dam des villageois de Boudjima. La proximité de ces commerces illégaux qui poussent comme des champignons, même à proximité des habitations, ont engendré un clamât d’insécurité permanent. Certains bars se trouvent au beau milieu du village. Ils causent d’énormes nuisances aux riverains. « Ces bars ne ferment leur porte qu’au lever de soleil. Toute la nuit, les clients chantent, dansent et se bagarrent. Cette situation perdure depuis des années, mais maintenant nous avons décidé de nous soulever. Nous exigeons des autorisées de prendre les mesures nécessaires pour éradiquer ces lieux de perdition de notre région », nous lance un habitant de Boudjima.

  Zahir Fellas