Akbou : à l’initiative de l’association Illoulène – Vibrant hommage à Nna Chérifa

Un vibrant hommage a été rendu, la semaine dernière, à Na Chérifa, la doyenne de la chanson kabyle féminine, à Akbou, sa région natale, par l’association Illoulène de la commune d’Ighram, à la salle des fêtes Ghizlén du quartier Guendouza, où plusieurs chanteurs y ont pris part. Tout le monde a regretté l’absence de la chanteuse, pour des raisons de santé dont on dit souffrante sur son lit à Boudouaou chez sa fille. De son vrai nom Ourida Bouchemlal, la Diva de la chanson Achouik est née en 1926 à Ilmayen (BBA), un village berbérophone situé à quelques encablures d’Akbou. Elle aimait la chanson, une passion qui s’est incrustée dans ses veines dés son jeune âge. On disait que, à sa naissance, c’est une note de musique qu’elle a prononcé. Orpheline de père, elle est élevée par ses oncles après le remariage de sa mère. Elle ne ratait jamais un Ourar (gala exclusivement de femmes) dans son village. Grâce à sa belle voix et aux couplets qu’elle composait, Na Chérifa était appelée de partout pour animer des galas. À 18 ans, elle a décidé de quitter le cocon familial pour une vie meilleure à Alger. La première chanson qu’elle a composé est « Avka 3ala khir Ay Akvou ». C’était en 1942 pour immortaliser le jour où elle a pris le train à partir d’Akbou pour la capitale. En travaillant chez un avocat, Na Chérifa fréquentait la RTA où elle était admise comme une apprenante dans l’émission qu’animait Cheikh Nouredine. Comme ça alors elle a débuté une reluisante carrière de chanteuse avec à la clé un riche répertoire de 800 chansons enregistrées, dont les premiers jalons sont : Ayazerzour « 1956 » Azwaw « 1972 », Sniwa Ifendjalen « 1990 ». La réputation de cette grande chanteuse de la chanson Achouik kabyle a dépassé nos frontières, en se produisant dans de grandes salles parisiennes, à savoir, l’olympien en 1993 et le Zénith en 2006. Beaucoup de chanteurs, de la chanson kabyle, ont pris part à ce grand rendez-vous dédiée à la grande dame de la chanson, qui a hissé haut et fort l’étendard de la chanson féminine kabyle, au moment où il n’était pas facile pour une femme d’être chanteuse. Loualia Boussaâd, Abbas Nath Rzine, Louiza, Kamel Nath Ali, la troupe d’idhebalen N’Ath Mlikèche, pour ne citer que ceux là ont tous chanté une ou deux chansons puisées dans le riche répertoire de Na Chérifa. Cantatrice au talent avéré elle composait elle-même ses chansons, en les gardant dans sa tête. Elle s’est révoltée contre le piratage des chansons, en conseillant les jeunes chanteurs à composer eux-mêmes, leurs chansons, pour faire avancer et perdurer la chanson kabyle qui a besoin de renouveau pour chaque époque. Nous souhaitons un prompt rétablissement à Na Chérifa qui a voué toute sa vie à la chanson kabyle.

L. Beddar.