Des centaines de sinistrés du séisme, du 29 novembre dernier, issus des vieux quartiers de la haute-ville de Béjaïa, ont organisé hier, un imposant rassemblement devant le siège de la wilaya pour réclamer des autorités locales une prise en charge concrète de leur doléance, à savoir un relogement dans des habitations décentes et non l’octroi d’indemnités financières. « Nous avons transmis tout un dossier au Premier ministre, en mains propres, lors de sa visite à Béjaïa, le 27 avril dernier, où nous lui avons proposé une solution radicale à notre problème, qui concerne quelques 1500 familles. M. Sellal nous a orientés vers le wali pour nous communiquer sa réponse. Toutefois, à la wilaya c’est le black out. Nous réclamons un relogement et non pas de l’argent. Ces bâtiments ont été conçus par les français pour une durée de vie de 20 ans. Actuellement, plus de 50 ans se sont passés depuis leur construction et nous y vivons toujours, la peur au ventre, avec un risque d’effondrement. Ces bâtiments qui renferment des appartements de deux pièces sont dans un état lamentable. Nous demandons la démolition de ces bâtisses et la construction d’autres sur le même site. Je pense que l’Etat peut réaliser ce projet incessamment », nous indiquera M. Bassi Walid l’un des représentants de ces sinistrés. Par ailleurs, ces protestataires ont affiché leur refus catégorique à la solution mise en place par les pouvoirs publics consistant à injecter les indemnités aux sinistrés par le biais de la CNL (caisse nationale du logement). « Le gouvernement a dégagé 120 milliards de centimes pour nous indemniser. Toutefois, on nous a appris que cela passera par l’intermédiaire de la CNL et que les attributaires de ces aides financières ne bénéficieront plus à l’avenir du logement social ou autres subventions étatiques. On vous donne 30 millions ou 15 millions de centimes et on enregistre votre nom dans le fichier national du logement pour vous priver du logement social. C’est inconcevable !», tempête un autre sinistré avant d’enchaîner : « Au lieu de conforter des bâtiments vétustes, nous proposons leur démolition et la construction d’autres incessamment sur le même site. Que les autorités se penchent sérieusement sur une solution radicale à notre problème avant qu’une catastrophe nous atteigne », a-t-il lancé.
Boualem Slimani
