Le projet reste tributaire de l’ouverture d’une faculté de médecine qui n’est toujours pas envisagée au pôle universitaire de wilaya.
Lors de son lancement en 2008, le projet du pôle universitaire de Bouira a suscité un grand engouement. Il est vrai que ce « carrefour » du savoir a de quoi séduire. S’étendant sur une superficie globale de plus de 55 hectares et doté de plus de 9 000 places pédagogiques, dont 4 000 seront réceptionnées dès la rentrée prochaine, et d’un restaurant central de 800 places. De plus, de nouvelles spécialités telles que les sciences de la terre, sciences mécaniques et génie civil, l’eau et l’environnement, management de l’environnement et techniques des industries agroalimentaires y sont prévues. Mais la spécialité qui était la plus attendue par tout Bouira reste sans conteste celle de médecine. D’ailleurs, une faculté devait lui être dédiée et même un centre hospitalo-universitaire (CHU) étaient évoqués dans une époque assez récente et leur annonce a été faite en grandes pompes par les autorités de wilaya. Pour rappel, au mois de décembre 2011, le chef de cabinet du wali sortant avait annoncé solennellement, la création prochaine d’un département dédié aux sciences médicales : « Je suis fier de vous annoncer que Bouira aura son propre département de médecine ». Et il ira plus loin, en ajoutant que : « L’hôpital Mohamed Boudiaf de Bouira va se voir transformé en CHU, et ce, avec l’objectif de mettre notre wilaya au diapason, dans le domaine de la recherche médicale ». Cependant, la dernière visite du ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, M. Rachid Haraoubia, a tout remis en cause. En effet, interrogé à propos de la mise en place d’une faculté de médecine à Bouira, le ministre a noté que : « cela dépend d’une série de données qui sont indispensables pour la réalisation de ce genre de projet et qu’il doit y avoir 32 spécialités pour pouvoir réaliser cette faculté ». À comprendre par cette vague déclaration, que Bouira n’aura pas de sitôt sa fac de médecine et par conséquent pas de CHU ! Pourtant, cette wilaya a grandement besoin de cette structure hospitalo-universitaire pour combler son déficit chronique en matière de santé publique. Ce secteur, qui faut-il le rappeler, est malade pour ne pas dire moribond. Déficit chronique d’encadrement, manque d’hygiène, mauvais accueil et mauvaise prise en charge des malades, inutilisation des équipements et surtout un retard criard en matière de structures, ajouté à une véritable pénurie de praticiens spécialistes. Ce ne sont là que quelques carences répertoriées. Récemment encore, le wali de Bouira M. Nacer Maaskri avait annoncé une série de mesures, afin d’attirer et inciter les médecins spécialistes à s’implanter à Bouira. Mais d’après certains médecins interrogés, notamment des résidents et autres spécialistes qui prévoient une carrière dans l’enseignement et la recherche, Bouira ne parait pas être la destination la plus indiquée : « Je comptais énormément sur le projet d’une faculté de médecine à Bouira, car je suis intéressée par le milieu hospitalo-universitaires. Mais… », dira Katia, jeune médecin originaire de Béjaïa. Les spécialités qui « bloquent », selon M. Haraoubia, le projet d’une faculté de sciences médicales à Bouira sont, entre autres, la médecine générale, l’anatomie pathologique, anesthésie-réanimation, cardiologie, chirurgie, gastroentérologie, gynécologie-obstétrique, pédiatrie, médecine légale,… etc. Néanmoins et d’après certains médecins questionnés sur le sujet, ces spécialités sont très demandées par les étudiants. C’est ce que nous confirmera le Dr Ben Ali, gastroentérologue de son état et maitre-assistant à la faculté de médecine d’Alger : « À mon avis, les autorités ne doivent en aucun cas hésiter à ouvrir un département de sciences médicales à Bouira. La demande en la matière est trop forte et puis les autres campus, à l’instar de Tizi-Ouzou et Alger, connaissent une véritable surcharge ». Ceci d’une part, de l’autre, il y’a également le « cachet » du futur pôle universitaire de Bouira, qui est en jeu. Et pour cause, un tel projet qui a englouti des milliards et qui aura pour but de mettre sur orbite la wilaya, dans le domaine de l’enseignement et la recherche scientifique, ne peut être « amputé » d’un département de l’importance des sciences médicales et par ricochet d’un CHU, digne des aspirations de la wilaya.
Ramdane. B.

