L’ancienne ville à vau-l’eau

Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans qu’une conduite d’eau potable ou d’eaux usées n’éclate au niveau du centre historique de Bgayet. De Sidi Ouali aux bâtiments, du mythique café Ezzuouar à la rue du Vieillard, nul lieu, nul quartier de l’ancienne Bougie, dont la splendeur s’étiole chaque jour un peu plus, n’est épargné. Les réseaux centenaires pour certains cèdent un à un. Le pire étant bien entendu lorsqu’il s’agit du système d’évacuation des eaux usées. Au désagrément déjà pénible de l’inondation sur des kilomètres de chaussée, inévitable vu la configuration des lieux bâtis en pente, s’ajoutent les odeurs pestilentielles que répandent les geysers qui chaque jour jaillissent, sans crier gare du macadam. Le summum de l’insalubrité est atteint quand l’incident survient en fin de semaine. Chez nous, messieurs, le week end est sacré et advienne que pourra !

La route des Aurès relookée

l La route des Aurès ressemble enfin à une rue qui ne déparerait pas une grande métropole. Tout au moins dans sa partie haute. Trottoirs refaits à neuf, lampadaires du plus bel effet installés et fonctionnels, élargissement de la chaussée « pour très bientôt ». Voilà assurément une belle aventure qui va connaître l’opulence par la mise en valeur des commerces qui ont eu longtemps à souffrir d’un environnement calamiteux et de travaux dont personne ne pouvait prévoir l’achèvement. Seule ombre au tableau, la plantation des arbres, prévue mais non encore réalisée. les riverains, commerçants et résidents, ravis, s’engagent d’ores et déjà à en prendre soin et à assurer arrosage quotidien et entretien régulier. Il suffit tout juste d’un peu plus d’imagination, notamment du côté des commerçants à qui il est demandé de se départir de l’esprit de bazar dans la décoration des vitrines et l’agencement général, de manière à offrir aux passants un cadre plus attrayant et donc plus attirant, pour faire de cette rue, la plus belle avenue de Bgayet.

Nostalgérie : ça fonctionne toujours !

l Ils sont de plus en plus nombreux, les Pieds noirs ou Français d’Algérie à « oser » le retour à Bgayet. Depuis la visite en mai dernier d’un important groupe de natifs de Bougie, venus en pèlerinage revoir la ville, qui les a vus naître, sous l’égide de l’association France-Maghreb des très entreprenants P. H. Pappalardo et D. Bouchetta, le flot est ininterrompu. C’est ainsi qu’en petits groupes, souvent en couples, on peut les retrouver musardant dans les quartiers de la haute ville sur les traces de leurs enfances, de leur mémoire. La place Gueydon et son celébrissime café où le plis était pris de siroter l’apéro du dimanche, l’anisette, avant et après la messe est une étape, l’étape incontournable du séjour. Qu’importe après tout que les choses aient changé ! les vieilles pierres sont restées en l’état. Les souvenirs aussi.

Mustapha R.