En conclave samedi dernier, les parents d’élèves du lycée mixte de Melbou ne lâchent pas prise devant une administration qui n’arrive pas à trouver un compromis pour apaiser la tension qui règne au sein de cet établissement scolaire, où les potaches sont, malheureusement, encore en vacance.
C’était dans un amphithéâtre, que les parents ont enclenché le compte à rebours pour situer les responsabilités et surtout rouvrir les portes sans conditions au préalable. D’ailleurs, cet amphithéâtre s’est avéré trop exigu pour contenir tout ce beau monde venu faire entendre leur voix empreintes de colère afin de trouver une alternative, notamment après la montée au créneau des élèves ayant procédé à la fermeture du portail, pour exiger la réintégration des exclus comme ultime condition de reprise. « L’odeur d’un conflit occulte empoisonne la périphérie. Nous refusons que nos enfants soient otages d’un marchandage ou d’une surenchère de considérations », dira un parent désemparé et d’ajouter : « quitte à aller vers l’installation d’une cellule de crise pour la reprise des cours et pas question de céder devant une pression prohibée ».
Devant un climat délétère ayant régné le long de l’assemblée qui a failli tourner au vinaigre, si ce n’est la sagesse de certains parents ayant joué l’apaisement pour désamorcer une situation « tendue », c’est plutôt l’engagement des responsabilités à tous les niveaux et tirer au claire les conclusions sans tarder. « La situation que j’ai affronté en solo, depuis la rentrée des classes, est vraiment explosive », dira le président de l’Association des parents d’élèves sortant, Madjid Bourkeb, qui ajoute : « nous avons tenté tant bien que mal, de trouver un terrain d’entente avec l’administration locale pour une éventuelle décision portant sur le repêchage de certains élèves, hélas, autant prêcher en plein désert ».
Pour le proviseur qui se dit ahuris par ces perturbations qu’il faut affronter avec plus de rigueur, tout repose sur la conjugaison des efforts de tout un chacun. « Je déplore énergiquement le comportement de ces élèves exclus ayant cadenassé le portail, au moment où nous avons pesé de tout notre poids pour une éventuelle opération de repêchage locale auprès des lycées voisins », dira M. Boubker Belkhiri qui enchaîne : « nous avons mis les bouchées doubles pour assurer une rentrée scolaire normale avec l’ouverture de la cantine, la distribution des livres scolaires et autres, hélas le vent de colère qui pointait du bout de nez a tout chamboulé et la situation s’est empiré au fil des jours ».
Répondant à certains parents enseignants, en parallèle dans le même lycée, qui l’ont accusé d’être derrière certaines situations inhérentes au fonctionnement de l’établissement, à l’exemple de la confection des emplois de temps des classes, l’agent d’administration influant et la non-prise des décisions à l’encontre des élèves auteurs de la fermeture du portail, l’orateur n’est pas allé par quatre chemin pour diluer l’énigme. « Ce sont des préoccupations typiquement professionnelles internes qui n’ont aucune relation avec la révolte des élèves », rétorque M. Belkhiri avant d’ajouter : « des pourparlers sont déjà engagés avec les cadres syndicaux du personnel et tout se réglera conformément aux lois en vigueur », Quant à la responsabilité de l’administration par rapport aux grabuges de l’extérieur du lycée, l’orateur persiste et signe « un rapport détaillé est adressé quotidiennement à la direction tutelle au moment où les services de sécurité sont amplement instruits du dossiers ».
Profitant de l’importance du nombre des présents, les parents ont procédé à la réélection d’un nouveau bureau de l’association à leur tète M. Tahi Madani qui a déclaré solennellement son entière disponibilité à travailler pour redresser la situation avec comme priorité la reprise des cours. « Il faut réinstaurer un climat de confiance et de sérénité et mettre fin à toute idée visant le clivage au sein de ce lieu de savoir », dira le nouveau président.
Rabah Zerrouk
