“Si je lâche Badaoui, je lâche ma propre personne”

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D’abord nous l’interrogeons sur les raisons du gel de la journée de protestation prévue le mardi 29 novembre. “C’est suite à l’intervention de Sidi Saïd en personne, qui m’a affirmé qu’il ramènerait de ses propres mains la décision de la levée de la suspension. Aujourd’hui nous sommes venus le voir ici, au siège de la centrale syndicale pour lui demander les raisons qui font que rien de nouveau n’est constaté. Nous allons lui demander de prendre ses responsabilités ou dans le cas contraire, nous laisser prendre les nôtres”.Dans la salle jouxtant le bureau du secrétaire général, une centaine de syndicalistes, dont ceux du port de Béjaïa, attendent Sidi Saïd, en pourparlers, avec des responsables nationaux du secteur du tourisme et de l’hôtellerie.Il est 11 heures lorsqu’il rejoint ceux que d’aucuns appellent désormais “la bande à Badaoui”. Après l’accolade, S. Saïd lance un “las”, “je vous écoute”, avant de s’avouer franchement “fatigué moralement”. Si Amar du conseil national des douanes, connu pour son bagout, n’ira pas par quatre chemins en signalant l’inquiétude de ses collègues quant au sort réservé à M. Badaoui.Sidi Saïd tout de go répondra en exposant d’abord l’état d’une situation qui se veut préparative du 11e congrès de l’UGTA en déclarant entre autres : “je vais être centraliste démocratiquement. Je crois qu’il ne faut pas avoir peur du débat à l’intérieur de l’UGTA. Cela ne peut que renforcer l’organisation et j’en ai marre du “gal ou gal”. Je ne fuis pas mes responsabilités, même si le métier de syndicaliste s’avère de plus en plus dur au vu des bouleversements tant nationaux qu’internationaux.”A une question posée par nos soins, ayant trait au collectif ayant créé la coordination, il nous répondra que “ce sont là des syndicalistes que je respecte. Je dis simplement qu’il faut éviter l’anarchie qui ne mène à rien. Notre solidarité n’est pas négociable”.Plus loin, nous ne comprendrons pas au juste ce qu’il voulait dire en parlant d’ “ambition démesurée de certains”. Pour le SG “il faut aller au congrès qui sera souverain dans la sérénité”.Ayant certainement remarqué qu’un grand nombre de présents et surtout eux de la presse piaffent d’impatience quant au sort réservé au syndicaliste Badaoui. Sidi Saïd déclarera sans ambages “je l’ai reçu, nous avons discuté et son problème sera réglé, inchallah aujourd’hui (hier ndlr)”.Ceci avant d’ajouter : “Si ça ne se règle pas, je prendrais mes responsabilités et je vous interpellerais, mais je vous dis, cela se réglera”, on est censé penser, quelles assurances et surtout venant de qui auraient reçu le SG de l’UGTA pour se montrer aussi confiant.Peut être que seul le proche avenir nous renseignera sur les pourquoi du licenciement et… la réintégration de M. Ahmed Badaoui. N’empêche que s’assumant totalement, Sidi Saïd martèlera : “Si je lâche Badaoui, je lâche ma propre personne et s’il doit être sanctionné, c’est à moi de le faire”.

Rachid Kaci

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