L’Edito du jour – Quand le foot réconcilie les Algériens avec leur patrie…

Bon sang comme le foot soulève les passions ! L’Algérie est en fête. Elle célèbre la quatrième qualification de son équipe nationale de football en Coupe du Monde. Partout, à travers le territoire national, et même au-delà les Algériens ont festoyé. Et continuent de le faire. Avec le drapeau national ! Et les One, Two, Three, viva l’Algérie. Deux indices pour dire leur fierté d’être Algériens. C’est là la plus importante des victoires qu’est en train de signer le club Algérie : Réconcilier le peuple avec sa patrie. Ce n’est pas rien, c’est même immense ! Surtout chez ces jeunes plus enclins à prendre le large au péril de leur vie… (Harraga, comme on les appelle). Autour de cette victoire d’avant-hier, il n y avait plus de place à ce défaitisme. Tous crient, de la même voix, et même, ostentatoirement, leur amour pour leur pays, l’Algérie. Pour le vert, le rouge et le blanc. La joie du succès a plongé les villes, les quartiers et les villages dans la liesse. Dans la fraternité. Dans le partage. Dans l’apaisement. Dans la fête. Et parfois même dans la folie. Une extase de dingue, cela s’entend. Une jouissance du bien-être. On s’est bousculé sans se violenter. On s’est saoulé sans mal ! On s’est laissé «exploser» quoi ! De joie. On a défilé dans la rue en famille. En pleine nuit. Entre voisins. Entre amis et amies, et même entre inconnus (ues) mettant au placard le tabou de «si on me voit avec…». Il n’y avait de place qu’à la fête et à la fraternité ! La comparaison paraîtrait peut-être excessive, trop même, mais c’était un peu comme en 1962. Il est vrai que ce sont là deux évènements de mondes différents, car si pour l’un, des hommes et des femmes ont payé de leur vie la libération, pour l’autre, il n’est question que d’un groupe de «gamins» qui a été payé chichement payé même, pour se faire plaisir et gagner des matches de foot. Mais au bout, ça a abouti à raviver une semblable ambiance. Un état d’esprit conforme : celui-là porté par la flamme patriotique. C’est ça la magie du foot. Un sport à l’effet extraordinaire.

Djaffar Chilab