Tizi-Gheniff : Le village agricole se dégrade

Si au lendemain de son inauguration, à la fin des années 70, le village agricole d’Adila, sur la RN 68 en allant vers Chaâbet El Ameur, était un lieu où tout le monde voulait y vivre, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Toutes les structures et annexes, qui y étaient prévues, notamment l’antenne de mairie, le centre culturel, le Hammam (bain maure) et le Souk El Fellah, ont été squattées, dès le début des années 90. Aujourd’hui, on peut dire que ce  » village modèle », à l’instar des mille autres réalisés dans le cadre de la révolution agraire, s’est métamorphosé pour laisser place à un décor hideux. Baraques en tôle, des habitations entièrement défigurées… « Même le voisinage n’est plus le même que celui dans lequel nous vivions », nous dira un septuagénaire accosté à la l’entrée de ce qu’on appelait le  » VAS » (village agricole socialiste). Et d’enchaîner:  » Tout a changé. Nos voisins sont tous partis. Il n’y a que des nouveaux habitants aujourd’hui. Et puis, il ne faut pas oublier le bidonville créé au début des années 80. Il nous a vraiment empoisonné la vie. Ce n’est plus comme avant. Ah! Ce bon vieux temps. Il faisait vraiment bon d’y vivre. Maintenant, on n’arrive même pas à constituer une association ». Effectivement, même pour revendiquer un meilleur cadre de vie, les habitants du VAS ne le font que de manière anarchique. Tous les accès vers ce village sont dégradés. Le bitume a disparu depuis belle lurette. « Quand on trouve un fraudeur qui nous transporte de Tizi-Gheniff jusqu’ici, il nous dépose à l’entrée. Les transporteurs évitent d’emprunter ces accès, de peur de voir leurs véhicules tomber dans un cratère », a ajouté notre interlocuteur qui nous accompagnait pour voir l’état de la voirie. Interrogé au passage sur les réponses des autorités à ce sujet, il nous a confié que cela restait au stade des promesses. « On nous avait dit que les accès sont inscrits dans le même programme que celui qui va toucher le centre-ville de Tizi-Gheniff, mais on ne voit rien venir. Déjà au chef-lieu, tout est délabré. Je ne crois pas que ces accès vont être bitumés de sitôt », a-t-il poursuivi. Tout au long de notre virée au VAS, il nous a été donné de découvrir d’autres manques, tel l’éclairage public en certains endroits, ou encore ces décharges et ces canettes de bière qui jonchent les allées. Les habitants du VAS ont tenu à lancer un appel en direction des autorités locales pour regarder un peu de leur côté.

Amar Ouramdane