Virée hors de la géographie

A partir du village Biziou, la route longe Tassifth comme deux droites parallèles qui ne se rencontrent jamais. Elle déroule ses méandres sur environs 6 kilomètres et au niveau du premier carrefour, cette route continue en montées et zigza à travers les régiments d’oliviers parsemés de figuiers et de caroubiers. L’altitude offre un joli aperçu de ces vergers qui ont traversé des siècles et de stumultes. A travers la vitre de la voiture, nous découvrons ce que la nature a façonné comme environnement sauvage, paradis de l’escapade et de l’escalade. La gelée hivernale étalée sur des surfaces, laissent apparaître à peine des tâches verdâtres d’une herbe précoce. Sur les crêtes des collines et des mamelons de la montagne d’Achtoug jaillissent les lueurs d’un soleil encore somnolant. Nous sommes en pleine campagne de cueillette des olives et le froid n’a pas dissuadé les familles qui se rendent dans les champs pour cueillir ce label du terroir, l’olive. Les premiers arrivants s’instal autour des arbres ; les hommes, la gaule à la main et avec des gestes vifs tapent sur les branches et font tomber les olives que ramassent les femmes avant mettre dans des récipients de tous genres, tandis que la marmaille joue et se querelle au milieu des broussailles. Sur la route, les retardataires pressent le pas. Les hommes, en chef de file, le sac sur les reins et les outils sur les épaules, sà dos de mulets ou à pieds sont suivis par les femmes en foulards, les paniers en osier remplis de vivres à la main, marchent en groupes. C’est en arrivant au premier col et après un virage anodin que nous apercevons Tibouamouchine l’enchanteresse, languissante au soleil d’hiver, nonchalante, superbe. Un mirage, qui caresse le regard, dépayse la vue et impressionne l’esprit.

L. B.