Le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF) a expliqué lors d’une conférence de presse tenue, hier 05 février, au siége de son organisation à Tizi-Ouzou, les raisons de la non implication de son syndicat au mouvement de grève dans le secteur de l’éducation qui a débuté le 26 janvier dernier. « Nous tenions à faire cette conférence de presse, dans ces difficiles moments que traverse le secteur de l’éducation, pour répondre à certaines interrogation, concernant la non implication du SATEF dans cette grève… ». À la question d’un confrère sur la position du SATEF quant à la condamnation de ce mouvement de grève par la justice, Boualem Amoura, le SG, répondra : « Nous dénoncent cette manière d’instrumentaliser la justice !». Les syndicalistes du SATEF disent ne pas être concernés par ce débrayage qu’ils disent être politique. « Le SATEF tient à informer les travailleurs de l’éducation de sa non implication dans les grèves politiques. Il faut savoir que l’arrière pensée de ce mouvement est, ni plus ni moins, que la préparation des élections des œuvres sociales. Ils préparent la reconquête sur le terrain de la base pour s’accaparer des œuvres sociales, car ils ont fait leurs trois années, et cette grève est, en réalité un écran de fumée qui cache la réalité de ce mouvement. Le malheur du secteur de l’éducation a toujours été les œuvres sociales », nous confiera M. Amoura, qui poursuit : « Deux syndicats gèrent les biens des œuvres sociales, mais c’est une gestion catastrophique basée sur le népotisme et le clientélisme… Comment ont-ils accepté de gérer sans passation de consignes, et aujourd’hui, après deux années de mauvaise gestion, ils demandent un recensement des biens de ces œuvres sociales ? Tous les travailleurs de l’éducation se plaignent de la mauvaise gestion des œuvres sociales par ces deux syndicats, et bien sûr, tout le monde a remarqué que c’est le divorce entre eux, car ils ne s’entendent pas sur leurs propres intérêts… c’est à celui qui va manger le plus ». Et d’ajouter : « Ces gestionnaires se sont permis des primes inimaginables, en plus des salaires qu’ils perçoivent. Dans quel monde vivons-nous ? Et qui veut-on tromper ? ». Dans la déclaration qui nous a était remise, les rédacteurs déclarent qu’« un syndicat corporatiste a même refusé de défendre les enseignants du primaire et du cycle moyen, et aujourd’hui, il lorgne de leur côté pour les amadouer ». On y lit également que « le SATEF refuse d’adhérer à ces grèves, par principe, car au moment des discussions sur le statut des travailleurs de l’éducation, et il y avait eu plus de vingt cinq (25) réunions au siège du ministère de l’Education, la majorité des membres de ces syndicats ont privilégié leurs grades sans se soucier des autres, et aujourd’hui, ils versent des larmes de crocodiles », est-il encore indiqué sur le communiqué. « Le SATEF, fort de son expérience syndicale, étant le premier syndicat autonome de l’Algérie indépendante, ne peut et ne veut pas s’aventurer, en ce moment crucial que vit notre pays, pour ajouter de l’huile sur le feu, en appelant à une grève alors que nous sommes à deux mois des élections présidentielles et que ce gouvernement gère les affaires courantes du pays… Beaucoup des ministres en place ne seront plus là après le 17/04/2014. Pour ce qui est du statut, les signataires disent : « Nous ne sommes point satisfaits de ce statut de la honte et nous ferons tout pour qu’il soit revu, nous voulons revoir le système éducatif de fond en comble… ».
Par ailleurs, les syndicalistes du SATEF ont déclaré aux journalistes qu’un rapport sur la gestion du secteur dans la wilaya de Tizi-Ouzou, déjà ficelé sera sur le bureau du ministre de l’Education, cette semaine, à sa demande. « Le DE gère le secteur de l’éducation comme une propreté privé », s’insurgent les syndicalistes qui poursuivent : « Nous tenons, une fois de plus, à demander l’envoi d’une commission d’enquête à la direction de l’éducation de Tizi-Ouzou, pour faire toute la lumière sur la gestion opaque et catastrophique de ce directeur et de ses sbires, qui ont beaucoup de choses à se reprocher ».
Karima Talis
