Tizi-Ouzou : Ils réclament leur intégration directe – Les PEM et PEF ne décolèrent pas

Les professeurs de l’enseignement moyen (PEM) et ceux de l’enseignement fondamental (PEF), ayant été appelés pour un stage de formation, ont décidé de boycotter cette formation. En effet, et dans une déclaration signée par le collectif des enseignants PEF et PEM, les rédacteurs estiment être « lésés » dans leurs droits. Cette formation est vue par la plupart des concernés comme étant une manière de sous-estimer leurs compétences : « Nous avons formé des générations sans que, jusque-là nos compétences ne soient remises en cause », peut-on lire dans la déclaration. C’est pour eux « une humiliation », comme nous l’a confié un enseignant, M. Belaidi, joint par téléphone, lui aussi touché par cette nouvelle disposition : « comment peut-on réclamer d’un enseignant en fin de carrière de prendre des cours de remise à niveau? », s’est-il interrogé. Il ajoutera : « concernant certains professeurs PEF et PEM, seuls quelques mois les séparent du départ à la retraite. C’est dévalorisant pour eux de devoir revenir sur les bancs de l’école pour une formation d’une année conclue par une soutenance ». Il poursuivra : « d’autant plus que cette formation a déjà été attribuée pour des enseignants avant nous, mais avec un tout autre programme. Les concernés étaient appelés à suivre des cours, 3 jours par semaine, pendant les vacances et ceci au niveau des lycées ». Les enseignants déplorent le fait que leur expérience est comme « piétinée ». « Les concernés par cette formation sont les enseignants ayant dépassé les 45 ans d’âge, avec 10, 15 ans et plus d’expérience dans l’enseignement ». Notre interlocuteur rappellera une première mesure,  initialement prise pour ces stages de formation : « La formation ne devaient pas s’étaler aux professeurs ayant plus de 45 ans. Ces derniers devaient directement bénéficier d’une intégration », nous expliquera-t-il. Il enchaînera, nous apprenant que « cette disposition a vite été remplacée par l’obligation de tout les PEF et PEM de se conformer à cette formation d’une année ». Chose qui a soulevé la colère des enseignants et des manifestations ont été organisées, pour réclamer l’application de la première disposition prévue. A tout cela, vient s’ajouter la surcharge des programmes : « le programme qu’on nous a affecté est trop chargé. Nous avons une dizaine de modules, comme les étudiants de l’université ! ». Le refus des enseignants de prendre part à ces cours de remise à niveau dispensés au niveau de la faculté Mouloud Mammeri a d’abord été exprimé par l’observation de sit-in. C’est le cas notamment au début du mois. En effet, le 2 février dernier, près de 600 enseignants convoqués pour les séances programmées dans le cadre de ce stage ont observé un sit-in au niveau de l’université Mouloud Mammeri. Ils se sont structurés en collectif réunissant des représentants des 21 daïras de la wilaya pour mieux organiser leurs actions et clamer leurs revendications. Depuis, le nombre d’adhérents a augmenté atteignant presque 2 000 enseignants, nous assure-t-on. Ceci, au moment où le nombre des professeurs des deux paliers a avoir été sollicités pour le stage est de 2 700 », affirmait M. Belaïdi. Cette fois-ci, la décision du boycott est ferme. La résolution des enseignants de complètement refuser le stage de formation a été prise, hier, après un sit-in tenu au niveau de l’université. Un regroupement qui a réuni des centaines d’enseignants mécontents. Par ailleurs, le même interlocuteur souligne la détermination des PEM et PEF à aller jusqu’au bout de leur revendication, celle d’être intégrés directement.

Tassadit. Ch.