De la discussion jaillit la lumière

La première conclusion à faire est que ni l’administration, représentée par le wali, ni les élus, représentés par le président de l’Assemblée populaire de wilaya ne divergent sur un constat des plus reluisants : la région de Kabylie en situation précaire en matière de développement et qu’il y a urgence d’engager des fonds nécessaires à investir pour la création des emplois et des richesses. Le même avis est certainement partagé par l’essentiel des acteurs politiques et économiques de la région. Mais y a-t-il quelqu’un pour proposer des solutions pour une situation que tout le monde s’accorde à qualifier de catastrophique ? C’est en fait la question cardinale, puisque les deux parties qui ont participé jusque-là au débat se sont contentées de se rejeter la balle. Pas de fautif apparemment. Ou c’est plutôt la faute à la région. Il y a certainement une solution. Mais où ? Le wali dit que les élus n’ont pas fait leur travail correctement et qu’ils n’ont pas consommé les budgets alloués à leurs communes respectives. Le P/APW réplique, par contre, que l’Etat n’a pas mis les moyens pour le développement de la région ou que les  » représentants de la population  » attirent toujours l’attention des autorités qui ne répondent pas. C’est là, la véritable problématique et les problèmes n’en finissent pas, parce qu’en plus de ceux qui existent et qui n’ont pas trouvé de solutions, de nouveaux défis naissent et s’accumulent. Les investisseurs ne viennent pas parce qu’il n’y a pas de terrains ou d’infrastructures de base. D’autres partent car les autorités ne les accompagnent pas dans leurs initiatives. Le rang des chômeurs s’agrandit et des familles entières s’appauvrissent. Des terrains prêts à accueillir des industriels sont affectés à des constructions illicites. Et c’est le cercle vicieux. Il est donc temps de crever l’abcès et de se dire les choses en face. Les deux débats organisés par notre journal jusque-là montrent, si besoin est, que cela est possible. Engager un débat de fond et mettre le doigt sur la plaie. Tous les problèmes passent inexorablement par un circuit connu : établir un diagnostic, chercher les solutions et passer à l’acte. C’est là le plus important.

Ali Boukhlef