Des centaines de jeunes, massés dès les premières heures de la matinée d’hier, devant la maison de la culture Taos Amrouche, ont usé de violence pour empêcher la tenue du meeting électoral que devait animer Abdelmalek Sellal, représentant et directeur de campagne du candidat Bouteflika à la présidentielle du 17 avril prochain.
L’ex-Premier ministre a été nous dit-on, bloqué au niveau de la salle d’honneur de l’aéroport de Béjaïa. Attendant un hypothétique apaisement pour pouvoir quitter les lieux, les milliers de personnes venues écouter Sellal, hier, ont dû prendre leur mal en patience des heures durant, dans l’enceinte de la maison de la culture, avant d’être exfiltrées par des policiers antiémeute, qui ont fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser la foule qui s’était massée à l’entrée de la structure culturelle. Les 96 journalistes envoyés par les différentes rédactions d’Alger pour couvrir le meeting de Sellal ont été embarqués à bord de fourgons cellulaires et acheminés vers l’aéroport de peur qu’ils ne soient tabassés. Quelques- uns d’entre eux n’ont, néanmoins, pas échappé à la furie des protestataires. C’est le cas notamment de deux journalistes d’Ennahar qui ont été grièvement blessés après avoir reçu des projectiles au visage. Plusieurs policiers ont été également blessés lors des affrontements violents qui ont eu lieu à proximité de la maison de la culture de Béjaïa. Le face-à-face entre la police antiémeute et les manifestants a très vite pris de l’ampleur, en début d’après-midi. Les forces antiémeutes ont dû utiliser de gros moyens matériels, dont des chasse-neige pour disperser la foule dont les rangs grossissaient de plus en plus. Les principaux axes routiers du chef-lieu de wilaya ont été bloqués à la circulation par des manifestants à l’aide de barres de fer et de pierres. Deux voitures appartenant à des particuliers ont été complètement saccagées puis incendiées. Selon des informations non vérifiées, un policier blessé à la tête lors des affrontements serait entre la vie et la mort. A l’heure où nous rédigeons ces lignes l’on ignore s’il y a des blessés parmi les manifestants. Le staff de la direction locale du candidat Bouteflika n’a pas souhaité faire le moindre commentaire sur ces gravissimes dépassements. Des dépassements regrettables et sans précédent, du moins à Béjaïa, lors d’une campagne électorale. D’aucuns dans la wilaya de Béjaïa se demandent, d’ores et déjà quel accueil sera réservé aux autres candidats à l’élection présidentielle qui viendront dans les prochains jours pour y animer leurs meetings électoraux ! Notons que la maison de la culture de la wilaya a été partiellement saccagée.
F. A. B.

