Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaïz, a souligné lors d’une émission diffusée lundi soir par la télévision algérienne, que le citoyen a le droit à un service public « de qualité » en application aux instructions du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans ce sens. Certes, l’intention est louable à bien des égards, toutefois, à y regarder de près, il y a loin de la coupe aux lèvres, tant les réflexes des ronds de cuir qui peuplent l’administration algérienne ont la peau dure. La bureaucratie la plus débridée s’est imposée comme une fatalité à ses usagers, que vous allez à la poste, à la mairie, aux services du transport urbain ou inter wilaya, les mêmes contraintes vous accueillent. « Le citoyen doit être écouté et ses doléances doivent être prises en charge par l’administration », a précisé M. Belaiz, en affirmant qu’il veillera « personnellement » à l’application de ces instructions. Il serait, cependant, bon de rappeler que ces écueils ne pourront être dépasser que par une réelle formation qui transcende l’esprit engoncé jusque-là dans une démarche passéiste, d’habituer le citoyen à recourir à la corruption, aux passe droit et à tout autre système lui permettant de réglé ses problèmes même en dehors des règles qu’imposent les lois. Il est vrai que les textes existent, mais leurs applications restent en suspend, qu’ils soient d’ordre strictement administratifs ou sociaux ou environnementaux. Le copinage dans cet état de figure a la part belle, et la conscience citoyenne est loin de figurer parmi ses soucis prioritaires. L’algérien ne respecte en rien l’écologie ni se préoccupe des règles d’hygiène de son environnement. Cela est une donne intangible de sa culture de l’Etat et de sa conscience de ses devoirs. Il est indéniable que les moyens de sensibilisation du citoyen sont assurément en décalage par rapport à son niveau de compréhension du rôle qu’il doit jouer pour une meilleure prise en charge de son cadre de vie. « C’est un acquis pour l’administration algérienne et pour les algériens, lorsqu’un citoyen obtient ses documents dans les délais », a estimé le ministre d’Etat. Mais est ce que ce citoyen se souci uniquement de l’obtention de ses document administratifs et occulte le reste de ses tourments multiformes liés à sa vie quotidienne faite d’aléas de toutes sortes ? Incontestablement non ! Il voudrait aussi un cadre de vie à sa mesure. Et c’est ce qu’il attend de son Etat. Ni plus, ni moins.
Sadek A. H.
