Béjaïa : Attendus impatiemment par les habitants – Que de projets à la traîne !

Les retards dans la réalisation ou le lancement des projets dans la wilaya de Béjaïa constituentla principale préoccupation des citoyens.

D’ailleurs, ils ont été au centre des débats lors de la récente session de l’APW. Même si les petits projets subissent, également, le même sort, mais les projets structurants ont été les préoccupations majeures des membres de l’APW, qui l’ont fait savoir au wali et à son exécutif. Au moment où dans d’autres wilayas, d’innombrables projets sont réalisés dans les délais, à Béjaïa, ça traîne toujours. L’échangeur des 4 chemins, la pénétrante autoroutière, le centre hospitalo-universitaire, la centrale pétrochimique, l’évitement de la ville de Kherrata,… sont tous logés dans la même enseigne. L’échangeur des 4 chemins devrait être livré en octobre 2015, or le taux de 20% atteint par ce projet laisse supposer qu’il ne le sera point. Seule une infime tranche a été achevée, représentée par le pont principal, qualifié par une élue à l’APW de plus grand «dos d’âne» de la wilaya, allusion aux nombreux ralentisseurs qui jonchent la RN26. Prévu depuis le début des années 2000, grâce à un montage financier des collectivités locales, le projet a buté sur des oppositions dont celle dressée par les commerçants riverains, qui redoutaient l’extinction de leur activité. Ainsi donc, cet ouvrage d’art a accusé un retard avant l’entame des travaux. Alors que cette contrainte a été levée par les services compétents qui ont décidé au début de l’année 2011, de le prendre en charge en préservant l’intérêt des contestataires par la conception d’un nouveau tracé une autre contrainte est venue le bloquer. En effet, la société Sonatrach s’y est opposée arguant l’empiètement du projet sur le couloir de servitude de son pipeline. En 2012, enfin, le chantier a été ouvert avec des délais de réalisation de deux années. Or, celui-ci entame sa troisième année et seuls 20% ont été réalisés. Evalué à deux cents milliards de centimes, ce mégaprojet englobe 4 ponts, 8 rampes, 2 carrefours plans et l’aménagement de liaisons routières sur plus d’un kilomètre. Une fois achevé il fluidifiera la circulation au niveau de cet axe routier emprunté quotidiennement, par des centaines de milliers de véhicules. Mais quand le sera-t-il ? C’est la question que se posent, non seulement les élus, mais l’ensemble des citoyens de la région. Un autre projet structurant inscrit à l’actif de Béjaïa, sur lequel pèsent beaucoup d’espoirs pour le développement économique de la région, stagne. Il s’agit, en effet de la pénétrante autoroutière est celle qui suscite le plus grand nombre d’interrogations chez les habitants de la wilaya. Arraché après moult demandes formulées, notamment par l’ancienne APW, ce projet est toujours au stade de lancement, très timide, des travaux. Il semblerait, selon le wali, que la contrainte de l’opposition des propriétaires terriens a été levée. Ils seraient plusieurs centaines à être concernés et à réclamer des indemnisations au prix réel, or le Premier ministre, lors de sa visite dans la wilaya de Béjaïa, avait parlé de « juste prix ». Les pouvoirs publics ont mobilisé quelque 810 milliards de centimes pour le dédommagement des expropriés du projet de la pénétrante, mais aussi pour y déplacer les différents réseaux. Alors que tout le monde pensait que cette pénétrante reliera Béjaïa à l’autoroute Est-ouest en 2015, elle ne sera achevée que d’ici trois longues années au minimum. Perçue comme une initiative structurante, qui permettra à l’ensemble de la région de la Soummam d’améliorer ses performances socio-économiques, notamment le port avec l’acheminement rapide des marchandises vers les autres régions du pays. D’autre part, elle contribuera à désengorger les importants axes routiers de la région, notamment la RN26 qui est, aujourd’hui, au bord de l’étouffement. Il faut attendre certainement 2017 pour voir la région reliée à l’autoroute Est-Ouest. Du côté Est de la wilaya, un autre problème du réseau routier persiste. L’évitement de la ville de Kherrata devait être livré en mai 2013, soit depuis une année, or l’opposition d’un propriétaire terrien retardera sa livraison. Le coût de réalisation de cet ouvrage d’art, long de 3 kilomètres, est estimé à plus de 270 milliards de centimes. Le projet consiste, pour sa première phase, en la réalisation de deux viaducs, de deux tronçons de route en plus d’un échangeur. La cagnotte des 450 millions de dinars allouée à cet effet est jugée insuffisante par la Direction des travaux publics, qui avait estimé le coût réel des ouvrages à 1,5 milliard de dinars avant de doubler la cagnotte. Sa réalisation mettra fin aux nombreux bouchons enregistrés dans cette localité notamment en période estivale et durant les journées du  marché. Pour cela, les pouvoirs publics doivent trouver un terrain d’entente avec le particulier qui s’y oppose. La plate forme pétrochimique promise à la wilaya de Béjaïa a failli être détournée à une autre wilaya comme ce fut le cas d’un projet similaire, il y a quelques années de cela. Fort heureusement, le wali rassurera tout le monde en déclarant que ce projet pétrochimique a, bel et bien, été retenu pour la wilaya de Béjaïa et qu’il sera implanté à El Kseur, tablant sur sa mise en service d’ici moins d’un quinquennat. La plateforme va rassembler un ensemble d’unités, vouées à produire des matières premières à base de GPL et emploiera près de 3 000 personnes. Enfin, pour ce qui est du centre hospitalo-universitaire, créé sur papier en 2009, malgré le retard, ses travaux seront entamés cet été à en croire le ministre de la Santé qui avait fait la déclaration, lors de sa récente visite dans la wilaya de Béjaïa. La commission ministérielle de choix du site devant accueillir le nouveau CHU a fait une première visite des sites proposés. En attendant ses conclusions, le wali avait déclaré à l’APW que le site de Djebira, dans la commune de Boukhelifa, présente moins de difficultés. D’une capacité de 500 lits, cet hôpital sera un véritable centre hospitalo-universitaire contrairement à cet assemblage de trois unités qui ne répondent nullement aux normes. Créé en 2009, les travaux de sa réalisation ne seront entamés que cinq années plus tard. Qui dit mieux ? Les projets dans la wilaya de Béjaïa se suivent et se ressemblent. L’intervalle entre leur inscription et leur réalisation dépasse le quinquennat. Quelles sont les causes ? Le laxisme des pouvoirs publics ou l’opposition citoyenne ?

A. Gana