L’Algérie est bel et bien au deuxième tour de la Coupe du monde. C’est fait. Cette génération marque son histoire et celle du football algérien, à sa manière. L’exploit est là : Elle est en huitièmes de finale après le nul réalisé avant-hier, contre la Russie. C’est l’évènement du moment. Le pays le fête joyeusement. On oublie le politique, le social, même l’imposant appel à la prière à la télé… C’est le foot ! Et Le tour est plus éclatant que celui réussi il y a de cela trente-deux ans, alors que l’Algérie faisait ses débuts dans le haut niveau, en 1982, face à la défunte RFA. L’Algérie monte bien les marches. Et les échelons. Personne ne pourra dire désormais : je ne connais pas. Ni l’Amérique : On l’a bien envahie, et le tout Brésil en témoigne. Ni l’Asie : La Corée à qui on sert de bon marché s’en souviendra sans doute aussi, maintenant, de cette raclée qu’on lui a infligée au pays de Ronaldo. On a fait tout aussi perdre le sourire à la Russie. Elle quitte le mondial pas aussi sereine qu’elle aurait dû l’être. C’est à croire que Capello ne lui a rien apporté. Et qui la fait douter ? Encore ces Algériens. Vraiment mal tombé. Pas du tout le moment pour ces Russes, à la veille de leur Mondial (le Mondial 2018 se jouera en Russie). A priori donc, les Slimani, Feghouli, M’bolhi et consorts ont fait mieux que les Madjer, Assad, Belloumi et leurs coéquipiers avec cet historique passage au second cap. Mais est-ce vraiment le cas ? En 1982, l’Algérie avait donc gagné contre l’Allemagne et le Chilli, adversaire aujourd’hui du Brésil (toujours en huitièmes), avant de se faire rabrouer après l’humiliante combine germano-autrichienne. Ironie du sort. L’Algérie retrouve ainsi l’Allemagne, au second tour, auquel elle vient d’accéder pour un fatidique quitte ou double, à plus d’une signification… Il y a d’abord l’identité de cet adversaire qui n’est autre donc que l’Allemagne. Une belle victoire de nos autres, même si elle devait être la plus laborieuse, permettra alors à cette nouvelle génération de, quelque part, banaliser le succès de 1982, une fois égalé… Et devant les deux Allemagnes réunies cette fois, s’il vous plait. ça n’enlèvera certainement rien au mérite des héros de Gijon, mais il se dira désormais que d’autres ont aussi fait ça. Plus encore, le duel intervenant à un stade plus relevé de la compétition. Où le monde suit ce qui se passe d’encore plus près. En masse ! Quasiment personne n’est indifférent. De par la planète. Le pari est exaltant. Face à l’histoire et à l’adversaire. Ce ne sera pas donné mais pas impossible non plus. On sait cette Mannschaft forte, elle a déstabilisé de manière meurtrière le Portugal de Ronaldo, ce qui constitue une bonne raison de s’en méfier sérieusement. Mais les Algériens ont entre temps pris de l’appétit et l’habitude des grands défis… Dans ce Mondial, ils en ont déjà réussi deux : Passer au second tour aux dépens de la Corée du sud et de la Russie. Et défiler aux Champs-Elysées, malgré Le Pen, sa fille Marine et le FN, avant même le 14 juillet… C’est, quelque part, déjà gagner contre l’Allemagne !
Djaffar Chilab
