Tizi-Gheniff Ils disent avoir été abandonnés à leur sort lors de l’incendie de jeudi – Les habitants de Badis en colère

Le week-end apocalyptique vécu par les habitants de Badis et les hameaux environnants n’a pas laissé le comité du village indifférent. Ce dernier a décidé de fermer la mairie durant la journée d’hier pour dénoncer  » l’irresponsabilité » des responsables. Ces villageois, très touchés par la non réaction des responsables locaux pour éteindre le feu qui s’est déclenché dans l’après-midi de jeudi et qui s’est poursuivi jusqu’au petit matin de la journée de vendredi, ont bloqué les services de la mairie hier.  » C’est l’indifférence totale qu’ont affichée les responsables locaux. Sinon comment se fait-il que lorsque la citerne du camion de l’APC a été vidée, le chauffeur était parti sans retour. Pourtant, un adjoint au maire était présent sur les lieux. N’est-ce pas un cas d’irresponsabilité alors que des familles étaient en danger? », déclare un membre du comité de village.  » Cette action a été décidée par tout le village qui s’est mobilisé afin que pour cela ne se reproduise plus », tonnera un villageois. Les habitants estiment que ce mouvement est un avertissement de plus pour les responsables locaux. Interrogé si les pompiers s’étaient rendus sur les lieux, notre interlocuteur nous répondra qu’ils étaient venus. Cet incendie a pris le départ au niveau de la forêt d’Irsène, du côté de Lourika. Il a parcouru des dizaines de kilomètres à la ronde jusqu’au village Badis et Tizi Bouchanène. Pas moins de quatre-vingt hectares entre broussailles, figuiers et oliviers étaient partis en fumée. Des vents violents soufflaient de toutes parts, ce qui a fait propager le feu. Les services de la Protection civile s’étaient mobilisés pour éteindre les flammes et protéger les habitations.  » Nous avons veillé jusqu’à une heure tardive. Nous ne sommes rentrés qu’au petit matin. Grâce à l’expérience de nos équipes et à leur vigilance, nous avons pu protéger les habitations », nous confiera une source proche de la Protection civile de Draâ El-Mizan. Signalons que les services des forêts, eux aussi, s’étaient mobilisés aux côtés des villageois pour éteindre les flammes. Plus d’un soulignent l’urgence d’accélérer les travaux de réalisation de l’unité de la Protection civile de Tizi Gheniff qui est à la traîne depuis des années. Celle de Draâ El-Mizan, à elle seule, ne peut pas intervenir sur six communes éloignées les unes des autres à savoir, Draâ El-Mizan, Ait Yahia Moussa, Aïn Zaouia, Frikat, M’Kira et Tizi Gheniff, entourées presque toutes de massifs forestiers importants d’une part, et traversées par trois routes nationales dont le trafic routier est intense, d’autre part.  » Quand une équipe est sortie pour secourir des blessés à Aït Yahia Moussa, on reçoit un appel du côté de Tamdikt à une trentaine de kilomètres de Draâ El-Mizan. Nous nous occupons d’un vaste territoire. On fait de notre mieux pour aider tout le monde », conclura une autre source proche de la Protection civile.

Amar Ouramdane