Si toute la journée de lundi dernier a été à la limite du supportable, à travers les localités du Sud de la wilaya de Tizi-Ouzou, avec une chaleur caniculaire, la nuit entière, du lundi au mardi, a été un véritable cauchemar pour les citoyens des villages Azib N’Cheikh et Boumahni, sis au Nord du chef-lieu de la commune. La cause n’est autre qu’un feu qui s’est déclaré au début de la soirée de lundi, aux environs de 18h, au lieudit ‘’Le château d’eau’’ ou ‘’Aghdhi’’, situé au sommet de cette colline fortement boisée en chênes et sapins et différents autres arbustes que longe le chemin menant de la RN30 aux nombreux villages de Boumahni pour redescendre et faire la jonction avec le CW 128. «Le feu n’est pas monté. Il est descendu à partir des eucalyptus se trouvant au bord du chemin qui mène à Boumahni. Et avec les fortes chaleurs qui avaient sévi durant toute la journée et qui ont fini par griller toute la végétation, il n’a fallu qu’une étincelle pour que tout s’embrase», nous déclare un habitant. Dans la matinée du mardi, les éléments de la protection civile n’avaient toujours pas quitté les lieux, bien que l’incendie ait été circonscrit même si quelques troncs continuaient à se consumer. Ainsi, ce sont plusieurs dizaines d’hectares de chênes et de sapins qui sont partis en fumée. Les flammes n’ont laissé derrière elles que trois pentes de collines dénudées et noircies. «Hier, c’étaient des versants verdoyants, d’une grande beauté que les visiteurs prenaient en photos. Et voilà ce qu’il en reste. Une totale désolation», nous confie cet automobiliste qui s’était arrêté pour nous approcher et nous exprimer toute sa peine. Ayant assisté à l’incendie, il nous dira que les flammes étaient si hautes qu’elles avaient traversé les chemins forestiers pour s’étendre ainsi aux autres zones limitrophes. Néanmoins, et même si les villageois ont vécu une grande frayeur, craignant pour leurs habitations, aucun incident majeur n’a été relevé. «Nous étions menacés pratiquement du début de l’incendie jusqu’à l’appel à la prière d’El Fadjr, d’autant plus qu’un orage menaçait d’éclater précédé de violentes rafales de vent qui ont facilité la propagation des flammes et dispersé les branches enflammées. Ce qui nous a fait craindre le pire pour nos jardins et les toits de nos maisons», nous confient plusieurs villageois d’Azib N’Cheikh qui s’apprêtaient à se rendre sur les lieux de leur travail malgré leur manque de sommeil. Par ailleurs, la localité de Frikat n’a pas été épargnée par les flammes durant la même période, puisqu’un incendie a ravagé pas moins de trois (3) hectares de forêt, au Sud de la commune entre Aït Messaoud et Aït Ahniche. «Ce n’est qu’à 2h du matin que nous sommes arrivés à bout de cet incendie qui a touché la zone forestière entre Aït Messaoud et Aït Ahniche avec les moyens de l’APC et ceux des services des forêts, alors que les éléments de la protection civile de l’unité de Draâ El-Mizan étaient sur un autre lieu et ne pouvaient donc pas être là», nous déclare le premier magistrat de la localité de Frikat, M. Slimane Ouali, que nous avons rencontré après avoir quitté la commune d’Ain-Zaouïa pour suivre l’état d’avancement des préparatifs de la quatrième édition de la fête nationale du couscous roulé à la main.
Essaid Mouas
