El Maamoura : Elle souffre d’innombrables carences – Une commune aux abois

La commune d’El Maamoura, à une soixantaine de kilomètres, à l’Ouest du chef-lieu de Bouira, semble avoir été oubliée par les autorités publiques et ce, à tous les niveaux. Cette municipalité n’enregistre aucun signe de développement urbain. Sa population se dit, livrée à elle-même, et délaissées par ses élus locaux. Il est vrai, qu’EL Maamoura est l’une des communes de wilaya la moins lotie, en matière d’aménagement urbain et d’infrastructures publiques. «On est marginalisés par l’Etat», dira un commerçant prénommé Tahar. «Quand je vois d’autres communes de Bouira et que je les compare à la nôtre, je me dis, qu’il y’a quelque chose qui ne tourne pas rond ! Voyez par vous-même. On vit dans le dénouement et la précarité la plus totale!», s’exclamera-t-il. Dans la plupart des localités visitées, ce sont toujours les mêmes contraintes et carences qui sont exprimées par les citoyens. Pas de raccordement aux réseaux d’AEP, le réseau d’électricité est défaillant, avec des coupures récurrentes, le gaz naturel, dont le projet a été inscrit dans le cadre du programme complémentaire, n’a pas été totalement achevé. D’ailleurs, à propos de l’électricité un habitant soulignera, que les services de la Sonelgaz ont été alertés, à maintes reprises, des dysfonctionnements à répétition «On a adressé une requête au SDC, leur expliquant la situation, toutefois, aucune réponse ne nous a été délivrée à ce jour!», regrettera notre interlocuteur. Par ailleurs, les routes qui mènent vers cette commune sont dans un état de délabrement, plus qu’avancé : nids de poule, crevasses et autres pistes impraticables font partie du décor, notamment sur le CW22, qui relie la commune de Souk El Khemis à Sour El Ghozlane, sur une distance de 10km. A signaler, que cette route a fait l’objet d’une importante rénovation, depuis une année. S’agissant des infrastructures de base, elles sont très en dessous des attentes de la population, estimée à près de 8000 âmes. Selon un élu local, la principale cause, de ce manque en infrastructures, est liée au problème du foncier et l’inexistence d’assiettes. Le territoire de la municipalité est, majoritairement, constitué de terrains privés, ce qui empêcherait les responsables de projeter à la réalisation de différents projets et même d’améliorer, ne serait-ce que, le cadre de vie de la population. «Je comprends, aisément, les inquiétudes de mes concitoyens. Ils ont, tous, le droit de vivre dignement et dans de meilleures conditions. Néanmoins, on trouve de pires difficultés à trouver des terrains, sur lesquels, on pourra édifier les différentes structures nécessaires, au bon développement de notre commune», nous a-t-il signalé avant de préciser : «Notre commune survit, grâce aux subventions directes de l’Etat, dans le cadre des différents programmes de développement (PCD, PSD) ainsi que son budget de fonctionnement». De leur côté les citoyens semblent résignés, quant à la situation catastrophique de leur commune. «Notre commune est déshéritée et sa population est méprisée par ses propres élus !», lancera un jeune chômeur, appelé Mourad.

R. B