Les premières esquisses du futur plan de circulation au niveau de la ville de Bouira commencent à voir le jour, provoquant déjà les premières vagues de mécontentement de la population.
Cette dernière, s’estime « déboussolée » par les panneaux de signalisation, qui ont fait leur apparition aux quatre coins de la ville. Parmi ces plaques qui attisent la colère et l’incompréhension des citoyens, on citera celles des sens interdits, placées au niveau du boulevard de la cité des 130 logements, sise à un jet de pierre du siège de la wilaya. Les habitants de ce quartier n’ont pas, d’ailleurs, tardé à réagir face à ce qu’ils ont qualifié de « bricolage » de la part des autorités concernées et ce, à travers une pétition envoyée aux différents responsables de la wilaya. Dans cette missive, dont une copie nous a été remise, les riverains de la cité des 130 logements dénoncent « l’incohérence » de la mise en place des plaques de sens interdit au niveau de leur cité. « Nous, habitants du quartier des 130 logements, nous nous élevons contre l’installation des sens interdits à l’entrée et à la sortie de notre cité. Ces plaques non seulement n’ont aucun effet sur la fluidité du trafic, mais, pire encore, elles nous obligent à faire le tour de la ville afin de vaquer à nos occupations », écrivent-ils. De ce fait, les riverains interpellent les pouvoirs publics, à leur tête le premier magistrat de la wilaya, dans le but de « revoir sa copie » en la matière. Il est vrai que ces sens interdits, placés aux extrémités de ladite cité condamnent les automobilistes à faire tout un détour pour se rendre aux quartiers voisins. À titre d’exemple, pour les automobilistes désirant se rendre à la cité ouest, située à une dizaine de mètres du quartier des 130 logements, il leur faut désormais emprunter le boulevard du quartier Thaoura, puis arpenter la déviation de l’hôtel Sofy, ensuite faire le rond-point de l’université et, pour finir, passer par la cité des 70 logements. Un détour d’un kilomètre pour un trajet initial de vingt mètres seulement! Certains automobilistes et habitants de la cité des 130 logements, interrogés à propos de ces « plaques de la discorde », considèrent que ces sens interdits n’ont aucun sens! « Celui qui a décidé de les mettre là ne possède aucune logique! Autant mettre notre quartier en quarantaine, cela équivaudrait à la même chose », fulminera Salah, commerçant dans l’habillement pour femmes. Pour sa part, Mohamed, un habitant de la même cité et l’un des signataires de la pétition, s’interrogera sur le bien-fondé de ces plaques. « Quel est l’intérêt de mettre un sens interdit ici? Cela crée plus d’embouteillages en sus de nous pénaliser. C’est une aberration! », s’est-il exclamé. Pour leur part, les services de l’APC de Bouira minimisent les faits en déclarant que ces plaques sont » temporaires » et qu’elles sont en « phase de test ». Cependant, les habitants de la cité en question ne voient pas les choses de cet angle et menacent carrément de recourir à des actions de rue si ces plaques ne seraient pas enlevées dans les plus brefs délais. Quoi qu’il en soit, il est évident que la mise en place du tant attendu plan de circulation de la ville de Bouira commence mal et les différents acteurs (APC, service de police, DTP et DTW) sont appelés à revoir leur copie, au risque de semer la pagaille dans une ville, où l’anarchie règne déjà en maître.
O. K

