Cela fait maintenant plus de dix jours que le lait en sachet se fait rare
En effet, les consommateurs ne savent plus quoi faire devant cette autre pénurie non annoncée. « On parle que le lait est distribué mais je peux vous dire que je ne sais même pas quand il arrive. Il faudra peut être se lever à l’aube afin de trouver un sachet », constatera cet habitant du centre-ville. Effectivement, la livraison se fait très tôt. « Je suis servi un jour sur deux, voire un jour sur trois, à six heures du matin. Dès que mon quota est sur place, je sers quatre sachets à tout passant. Je ne fais pas de différence. Et je ne privilégie personne », nous confiera l’un des laitiers de la ville. « Pourtant, j’arrive juste après la livraison, mais je n’ai jamais eu ma part », nous dira un autre consommateur. Pour en savoir plus sur cet autre manque, nous avons pris attache avec quelques laitiers. « C’est vrai. La distribution est réduite. Sur les trois cents sachets auxquels j’ouvrais droit avant, on ne me donne même pas la moitié. D’ailleurs, j’ai des problèmes avec mes clients. Je ne peux pas dire à quelqu’un qu’il n’y en a plus. Je leur donne deux sachets pour servir le maximum. Mais, je vous dirai que c’est devenu très pénible de travailler avec ces distributeurs, car quand ils voient que le lait manque, ils ne viennent jamais jusqu’ici au quartier », nous expliquera ce commerçant du lotissement nord. Devant cette pénurie, la seule alternative est de recourir au lait en poudre. Mais, faudra-t-il le préciser, cette solution n’arrange pas tous les pères de familles quand on sait que le paquet de 500 grammes est affiché entre 300 et 400 dinars. « Ce n’est pas commode. Un paquet ne vous donnera que quatre litres de lait. Imaginez la consommation d’une famille de cinq membres. En une semaine, pas moins de mille dinars. C’est trop quand on sait que la lait en sachet est subventionné par l’Etat », jugera un employé dans une administration locale qui n’omettra pas, au passage, d’évoquer les autres produits, qui leurs prix ne font que flamber à l’exemple de la pomme de terre cédée jusqu’à cent dinars le kilogramme. Par ailleurs, il faudra dire que la sachet est vendu jusqu’à trente dinars, notamment dans les zones rurales où les commerçants s’en approvisionnent directement de la laiterie de Draâ Ben Khedda et parfois même de Boudouaou. Cette pénurie est justifiée par certains par le manque de poudre de lait, surtout qu’on est à la fin de l’année. « Quelles sont les raisons essentielles de ce manque ? », c’est la question qui revient sur toutes les lèvres.
Amar Ouramdane

