Bouira Visite du wali à travers les projets d’aménagement du chef-lieu – Ça piétine toujours

L’aménagement du chef-lieu de la wilaya souffre d’innombrables carences. Cette «vitrine» de la wilaya fait de la peine à voir.

D’ailleurs, les dernières pluies qui ont affecté la région ont mis à nu la défaillance manifeste des services de l’APC, en matière d’aménagement urbain et de l’amélioration du cadre de vie des citoyens. Hier, lors de sa tournée à travers les divers chantiers de la ville de Bouira, le wali Nacer Maaskri n’a pas hésité à interpeller les responsables de l’APC au même titre que les entreprises réalisatrices afin qu’elles « accélèrent la cadence », tout en soulignant que « ce n’est pas chose aisée en cette période hivernale. Néanmoins, les travaux qui peuvent être menés doivent être faits d’une manière sérieuse et professionnelle ». Le premier responsable de la wilaya a également sommé les entreprises de faire un point de situation et qu’ils envoient leurs situations financières d’ici le début du mois de janvier prochain. « Certains entrepreneurs se comportent comme des nababs ! Il est inadmissible de voir le taux physique avancé tandis que le volet financier est proche du zéro ». Au niveau des quartiers de Draa El Bord et celui d’Amar Khodja, qui ont respectivement bénéficié de 22 et 8 millions de dinars, alloués à l’aménagement, le chef de l’exécutif a constaté un « léger retard », dans l’exécution de ce projet. Du côté de la cité des 152 logements, d’un montant de près de 30 millions de dinars et celui du projet de la réalisation d’une périodique, un « immense » retard a été relevé. D’ailleurs, l’entreprise en charge de la réalisation de ladite route a, pour ainsi dire, été « épinglée » par M. Maaskri. « Le retard est immense. Quand est-ce que vous comptez lancer les travaux ? L’hiver est là vous allez travailler dans la vase. C’est inadmissible. D’ici samedi prochain, je reviendrai et vous avez tout intérêt à ce que je trouve les engins en plein travail». Par la suite, ce sont les projets d’aménagement des cités de Farachati, le quartier des 1100 logements et le quartier des 140 logements qui ont été inspectés. Ces chantiers d’amélioration urbaine, d’un coût global de près de 120 millions de dinars et pour une durée initiale de 12 mois, piétinent d’une manière considérable. Le taux d’avancement des travaux est « très minime », selon le wali. Ce dernier n’a pas manqué d’instruire les services de la DUAC, ainsi que ceux de l’APC, au même titre que les entreprises réalisatrices de « se mettre au travail ». «Les citoyens souffrent. La ville de Bouira peine à ressembler à un chef-lieu de wilaya digne de ce nom ». Au niveau du même point, un projet de réhabilitation du réseau AEP a été présenté. Pour un montant de 60 millions de dinars, le projet atteint les 25% de taux d’avancement, pour une durée de réalisation de 12 mois. Cette durée a été qualifiée « d’exagérée », par M. Maaskri. Dans la foulée, les projets de l’élargissement et l’aménagement de la voie Hadjout Ammar, l’aménagement des cités des 338 et 176 logements ont été supervisés par le premier responsable de la wilaya. Et le moins que l’on puisse dire, est que la satisfaction n’était pas au rendez-vous, loin de là même. Pour le premier projet, d’un montant de plus de 20 millions de dinars, l’entreprise avance à pas de tortue. S’agissant des deux, d’un coût de 30 millions de dinars chacun, c’est le retard qui prédomine. « Remuez-vous ! », lancera Maaskri, d’un ton agacé. Même topo du côté POS UF2, où un projet d’aménagement au niveau de la cité des 290 logements a été lancé. Le chantier peine là aussi à avancer. Le taux d’avancement n’est que de 30%, pour une enveloppe budgétaire estimée à 25 millions de dinars. Ces piétinements ne sont pas uniquement propres à la ville de Bouira, mais ils touchent l’ensemble des communes de la wilaya. Pourtant, ce n’est pas les moyens qui manquent. Ainsi et selon un rapport de la Direction de l’urbanisme, de l’aménagement et de la construction (DUAC), présenté récemment, la wilaya de Bouira a bénéficié depuis 2005 de près de 10 milliards de dinars, afin de pallier à cette situation des plus inquiétantes. Dans le détail, on apprendra que plus de 5. 5 milliards de dinars ont été alloués de la période allant de 2005 à 2008 et ayant touché 228 sites, dont 226 ont été achevés et 2 sont en cours d’achèvement. De la période s’étalant de 2008 jusqu’à 2014, une somme estimée à plus de 3 milliards de dinars a été consacrée à l’aménagement de 44 sites, dont 32 ont été achevés, 11 sont en cours de réalisation et un seul projet qui n’a pas encore démarré celui de la commune d’Aghbalou. Un autre programme complémentaire évalué à plus d’un milliard et demi de dinars a été débloqué afin de traiter 23 sites, dont 15 sont en voie de réalisation, 4 projets devront bientôt démarrer et 4 autres n’ont pas encore été attribués, faute de soumission infructueuse. Pour ce qui est de la direction des travaux public, ce ne sont pas moins de 2. 9 milliards de dinars qui ont été débloqués dans le but d’aménager 10 communes, touchant 24 sites : 18 projets ont débuté 05 en cours de lancement et un seul qui reste en étude. De son côté l’Agence foncière de Bouira a bénéficié d’une enveloppe de près de 300 millions de dinars pour la réhabilitation de 13 sites. Les communes, pour leur part, ont eu droit à une cagnotte de 300 millions de dinars, rentrant dans le cadre des divers budgets communaux (BC) et plans communaux de développement (PCD). En tout, c’est près de 14 milliards de dinars qui ont été alloués à l’aménagement avec des résultats qui restent très discutables.

Ramdane. B