Parler… mais faut aussi, dire

Les membres de l’Assemblée wilayale populaire se sont subitement rappelés avant-hier en poursuivant les débats portant sur l’adoption du budget primitif que nombre de leurs recommandations faites depuis le début de leur mandat n’ont pas été prises en considération, voire même renvoyées aux calendes grecques. L’exemple retenu fut celui de la recommandation, datant d’une année, relative à l’hôtel « Dirah » de Sour-El-Ghozlane. Les élus avaient laissé le soin à l’administration, la chargeant de trouver une solution pour une exploitation adéquate et appropriée de cet établissement nouvellement rénové. Mais une année après, ils s’aperçoivent que rien n’a été fait dans ce sens, et q’il faut revenir à la case départ pour débattre de l’avenir du dit hôtel. Sur ce thème les débats vont s’étendre en long et en large, non sans apporter des arguments parfois plats et à la limite de la débilité ; les représentants du peuple interviennent pour faire du sur place en proposant ce qui a été déjà dit et redit par leurs partis. Si pour certains, l’établissement qui est un bien de la wilaya, faut-il le rappeler, doit absolument être soumis à une adjudication, pour d’autres il faut carrément le vendre, d’autant plus que cette dernière proposition entre dans le cadre de l’économie de privatisation engagée par l’Etat algérien. Et entre les uns et les autres il y a ceux qui rejoignent les avis de uns ou des autres sans donner le moindre argument d’appui, pourvu que tout le monde participe au débat, fusse-t-il stérile et sans intérêt. En fin de compte, et au terme d’une heure voire plus, d’une polémique sans fond, un élu se remémore brusquement de quelque chose d’important et interpelle sur un ton grave le président de l’Assemblée pour lui signifier qu’au cours de la séance de son installation, l’Assemblée s’est fermement engagée à ne pas céder ou vendre les biens de la wilaya, quelle que soit la situation qui se présentera. Alors pourquoi toute cette discussion ? Lancera un autre élu, l’un de ceux qui plaidaient la location de l’établissement, tout fier que son idée ait enfin pris le dessus. Intervenant à son tout, le premier magistrat de la wilaya tranchera la question sans aller par trente-six chemins. Il proposera à cet effet la mise sur pied d’une commission mixte (Administration/APW) pour décider du sort de l’établissement. Le wali n’omettra pas de signaler au passage que ses services œuvrent dans le cadre de ce qui est dicté par la politique générale du pays et les lois de la République. A bon entendeur, salut !

Anis S.