La tendance haussière de la mercuriale de la sardine se confirme au fil des semaines. Amorcée dès la fin de l’été dernier, l’envolée des prix de ce poisson pélagique a atteint des sommets vertigineux pour s’afficher, ces jours-ci, à 700 DA le kilo.
C’est ce que le pauvre consommateur vérifie à ses dépens au marché de Sidi Aich. Un niveau rédhibitoire qui a pulvérisé tous les records d’inflation. « Aussi loin que puisse remonter mes souvenirs, je n’ai jamais été confronté à une situation aussi lamentable », lâche, sur une pointe d’amertume, un sexagénaire, retraité de son état. « On pensait naïvement qu’à 500 DA, la sardine a flirté avec le sommet et que les prix ne tarderaient pas à décrocher. On découvre à notre stupéfaction que la fluctuation des prix n’est pas prête de s’arrêter », renchérit un autre citoyen de Sidi Aich. Interrogé sur le renchérissement implacable affectant ce produit carné un vendeur de poisson, qui a installé son éventaire au marché de la ville, jure par tous les saints que la cherté de la marchandise ne leur génère aucune plus-value supplémentaire. Pire, soutient-il, « nous sommes les premiers à être affectés par cette situation inédite ». Guettant un hypothétique chaland, un autre marchand, installé quelques mètres plus loin, jure orbi et urbi que le renchérissement des cours de ce « blé » des mers leur tombe sur la tête comme une malédiction. « Nous avons de plus en plus de mal à écouler le produit. Cela se traduit par un volume de mévente en constante hausse. En parallèle, nos marges bénéficiaires restent inchangées, et au bout du compte, nous accusons un manque à gagner considérable », explique-t-il. Un autre intervenant dans la filière, armateur de son état, ne trouve qu’une seule et unique explication à cette escalade immodérée des cours : la sacro-sainte règle de l’offre et de la demande. « Les conditions climatiques qui ont prévalu au cours de ces dernières semaines ont obligé une grande partie de la flottille de pêche à rester à quai. Par conséquent, la ressource halieutique péché a baissé drastiquement, ce qui a tiré les prix vers le haut », avance-t-il. Les ménages au niveau de la ville de Tazmalt déchantent depuis pas mal de temps déjà à cause de la cherté qui touche la plupart des produits alimentaires. Ainsi, la sardine, pour ne citer que celle-ci, a connu à l’instar de tous les autres produits, comme les fruits et légume, une augmentation ahurissante de ses prix. En effet, mercredi dernier, au niveau du marché couvert de la ville, sis à proximité du centre commercial, la sardine était proposée à 500 DA/kg, après avoir connu une baisse sensible de ses tarifs, lesquels oscillaient entre 200 et 300 DA il y a de cela quelques semaines seulement. Cette flambée a laissé bon nombre de citoyens interloqués, ne sachant plus quoi dire devant le renchérissement insolent des produits de premières nécessités. Interrogé sur cette augmentation, à priori injustifiée, le vendeur de la sardine dira: » Tout d’abord, moi, je n’y suis pour rien concernant la cherté de la sardine. C’est à cause des dernières intempéries qu’a connues le pays et durant lesquelles les pêcheurs n’ont pas travaillé. C’est ce qui a fait que les prix de la sardine augmentent, car elle s’est raréfiée dernièrement! ».
N. Maouche /Syphax Y.

