Chemini Suite au renvoi d’élèves retardataires – Incident fâcheux au lycée Ouddak Arab

Le lycée Ouddak Arab est en passe de devenir un espace où règnent l’anarchie et l’incurie. Les lacunes sont légion dans cet établissement scolaire à telle enseigne que les élèves n’en font qu’à leurs têtes. Le manque de discipline résultant d’une absence totale d’autorité de l’administration n’a fait qu’empirer les choses. Et pour couronner le tout, un incident sans précédent s’est produit mercredi matin, où des dizaines de lycéens n’ont pu rejoindre les bancs de classe, et ce, en raison de leur arrivée en retard. Si les choses étaient restées à ce stade, il n’y aurait pas autant de bruit et de cacophonie autour de ce simple accroc. L’intervention « musclée » du premier magistrat de la daïra voulant s’enquérir des motifs d’un tel rassemblement devant l’enceinte de l’établissement scolaire a failli tourner au vinaigre. Ayant vu l’attroupement des potaches devant le portillon du lycée, de surcroît cadenassé le chef de la daïra de Chemini a tenu mordicus d’entrer à l’enceinte de l’établissement pour s’enquêter auprès du premier responsable de cet établissement d’enseignement. Les élèves retardataires ont saisi l’occasion pour rentrer de force allant même jusqu’à briser quelques vitres en signe de mécontentement. Cet incident a accouché d’un long imbroglio ayant emmené l’ensemble des enseignants et du staff encadreur à demander illico presto une audience auprès du chef de daïra. Une réunion d’urgence a eu lieu au sein même du siège de la daïra à 11 h en présence et des enseignants et du chef de la daïra de Chemini. Les plaignants ne sont pas allés par le dos de la cuillère pour montrer du doigt « l’ingérence » du premier responsable de ladite circonscription. « Les élèves ont profité de l’occasion de « l’intrusion » du chef de daïra au sein de notre établissement scolaire pour s’autoproclamer intouchables et imposer de facto leurs lois », tance tout de go un enseignant. Et à un son camarade d’enchaîner dans le même ordre d’idées : « Nous n’acceptons nullement que la franchise de notre établissement soit « violée » par quiconque au motif que nos élèves sont obligés de respecter le règlement intérieur». Les griefs retenus contre ledit « mis en cause » ne se limitent pas qu’à cela, de l’avis des protestataires, car le chef de la daïra « s’est autorisé de hausser le ton devant le proviseur, et ce, en présence des lycéens ». Le premier magistrat de la daïra n’a pas tari d’arguments pour justifier son action, arguant que la sécurité et l’ordre public sont de son ressort, et que le fait de voir un tel rassemblement devant le portail du lycée peut glisser vers un désordre public. « Ma conscience ne me permet pas de rester indifférent face à une telle situation. Mes appréhensions sont légitimes, car ces élèves sont avant tout des adolescents. S’attrouper tôt le matin à l’extérieur de l’enceinte de l’établissement scolaire suscite l’intrigue, de facto, le siège de la sûreté de daïra est circonvoisin du lycée Ouddak Arab. D’autant plus, le retard n’incombe pas aux élèves, car le chauffeur du bus de ramassage scolaire n’est pas arrivé à l’heure. Si on m’a avisé de ce manque d’assiduité je ne serais pas resté les bras croisés. Au demeurant, nous avons mis à la disposition des établissements scolaires des bus dont la vocation est de ramener à temps nos enfants », nous explique S. Khicha, premier magistrat de la daïra de Chemini. Tentant d’expliquer tant bien que mal son action, le chef de daïra n’a pas autant convaincu les plaignants, estimant que ce n’est qu’une fuite en avant. Bon nombre d’enseignants n’ont pas mâché leurs mots ; ils se sont indignés du comportement du chef de daïra, jugé « irresponsable et outrageux ». « Dorénavant, on sera intransigeant quant aux agissements impulsifs et irrévérencieux de quiconque osant piétiner la franchise de notre école », affirme un membre du staff encadreur. Toutefois, le lycée Ouddak Arab est, depuis quelques années, laissé à une perversion sans égale, où l’anarchie et le manque d’autorité sont devenus les maîtres des céans.

 

Bachir Djaider