Mekla : pas mois de quatre cas enregistrés à travers la localité depuis le début de l’année – Le phénomène des suicides prend de l’ampleur !

Qu’est-ce qui se passe à Mekla ? depuis le début de l’année 2015, pas moins de quatre cas de suicide y ont été enregistrés plongeant ainsi toute la localité dans l’émoi et les doutes les plus terribles.

Pourtant, cette commune qui regroupe pas moins de 21 villages et qui se situe au centre de la Wilaya de Tizi-Ouzou a rarement défrayé la chronique, par le passé tant la vie était paisible et suivait son cours normalement, sans soubresauts et sans excès. Mais voilà que depuis quelques mois, comme frappé par une malédiction, la région ne cesse de panser ses blessures et drames. Les suicides et tentatives de suicides se suivent à un rythme fou qui donne froid au dos. En l’espace seulement de deux mois, quatre cas de morts volontaires ont survenus dans la localité pour lézarder la vie paisible et tranquille de la région. Ce phénomène gravissime touche selon notre source toutes les catégories d’âges et de sexes. En effet, on se souvient du cas du village des Ait Khelili où un septuagénaire (72 ans), père de famille, s’est donné la mort dans son domicile. Les raisons de ce drame furent expliquées lapidairement en les reliant aux difficultés de vie auxquelles était confrontée la victime. Il a été aussi, enregistré un autre cas de suicide au village de Talwine, où un jeune homme d’une trentaine d’années avait mis fin à ses jours. Selon notre source, ce jeune homme ne souffrait d’aucun trouble psychique. Toujours dans la même localité un homme de 58 ans, cette fois-ci et qui était un retraité et père de trois enfants, s’est donné la mort par pendaison dans la cage même de l’escalier.

Comme si cela ne suffisait pas, voilà que nous apprenons qu’une collégienne aurait tenté de mettre fin à ses jours en avalant une forte dose de médicaments. La même source nous indique aussi le cas d’un jeune marié de la région qui vit en France et qui lui aussi a tenté d’abréger ses jours. «On ne comprend plus ce qui se passe chez nous, et les raisons réelles qui poussent les gens à attenter à leur vie. Il est urgent que nos villageois se réunissent pour discuter de ce phénomène étranger à nos mœurs et à notre mode de vie et ce pour dégager les voies et les moyens à même d’endiguer ce phénomène et élaguer à jamais ses causes. » Ajoutera notre interlocutrice.

En effet, selon notre source, la passivité et l’absence de réaction face à ces drames qui touchent la région et partant toute la Kabylie où le phénomène de suicide est répandu, risquent de faire perdurer ce fléau ravageur qui touche surtout les adolescents. «On souhaite que des psychologues se penchent sur le sujet pour justement sensibiliser les jeunes, leur redonner confiance en eux-mêmes, leur inculquer l’esprit de combativité et l’amour de la vie. Il faudra aussi, et c’est vital, que les enseignants soient vigilants afin de détecter à temps tout trouble de comportements chez leurs apprenants et anticiper sur une éventuelle apparition de signes dépressifs qui souvent conduisent au suicide. Mais cela est aussi le rôle des parents qui doivent être à l’écoute de leurs progénitures. La sensation d’abandon et le manque d’affection sont aussi des facteurs qui favorisent le nihilisme et partant poussent aux pires dérives dont le suicide justement. Au vue de la prolifération de ces drames, il nous semble aussi qu’une cellule de crise doit être installée au niveau de l’APC de la commune pour élaborer les voies et les moyens adéquats à même de tracer des perspectives à ces jeunes qui les protégeront des démons de cette maudite tentation. On doit leur tendre la perche, les seconder, les occuper par des activités sportives et culturelles. Meubler leur vie tant affective que matérielle. C’est pour cela qu’il nous semble que les anciennes structures de nos villages comme «la djemaa» doivent être ressuscitées … car seul un comité composé de sages peut entreprendre des démarches sereines envers nos jeunes afin de les insérer dignement dans la vie active. Plus que jamais la solidarité doit être de mise. Ces cas de suicides répétitifs sont des sonnettes d’alarmes qui indiquent que tout va mal au sein de notre société au sein même de nos familles. C’est pour cela qu’il nous faut agir, c’est urgent !» Nous dira un psychologue contacté pour nous donner son point de vue sur ce sujet qui endeuille tant de familles.

A. S . Amazigh