L’utilité du registre des tumeurs de l’enfant

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L’auditorium du centre hospitalo-universitaire Nedir Mohamed de Tizi-Ouzou a abrité jeudi dernier, les travaux de la 8ème journée de pédiatrie sous le thème «Pour une bonne prise en charge du nouveau-né ». L’étude réalisée par les docteurs K.Ezziane, K.Bouzid, H.Boukhelal intitulée « Intérêt des registres du cancer de l’enfant » a démontré l’importance de ces registres pédiatriques indispensables selon le Dr K.Ezziane pour « disposer de données fiables et précises par la mise en place de registres pédiatriques pour assurer cette prise en charge car les particularités des cancers de l’enfant justifient l’existence de registre pédiatrique.» Le taux d’incidence des tumeurs cérébrales de l’enfant dans notre pays est de 2.4%, un chiffre qui est en rapport avec ceux des pays développés, c’est ce qu’a déterminé cette étude. Les tumeurs cérébrales de l’enfant représentent la deuxième cause de mortalité infantile, entre 01 et 14 ans (20%), après les accidents (40%) dans le monde, selon une étude menée par l’organisation mondiale de la santé (OMS). Selon l’oratrice, ce registre des cancers est un ensemble de structures assurant un recueil continu et exhaustif de données nominatives intéressant un ou plusieurs événements de santé dans une population géographiquement définie. Un registre général du cancer enregistre de façon permanente tous les cancers diagnostiqués. Il peut aussi enregistrer certains cancers ou l’ensemble des cancers pour une population spécifique : c’est ce qu’on appelle (un registre spécifique). L’intérêt des registres des cancers est de faire une épidémiologie descriptive (des données d’incidence de mortalité), une évaluation des pratiques de soins et de survie des cancers et une épidémiologie analytique des (facteurs étiologiques), ainsi que l’évaluation des programmes de dépistage. L’Algérie dispose uniquement de registre régionaux, il n’existe pas de registre pédiatrique qui enregistre les tumeurs de l’enfant ni de programme de surveillance du cancer de l’enfant comme le préconise l’OMS. Dans les pays développés par contre, dira le Dr Ezziane, il existe des registres du cancer de population, des registres de cancers de l’enfant et des registres spécifiques des tumeurs de l’enfant ainsi que des programmes de surveillance des cancers. En Algérie les registres régionaux ne sont pas exhaustifs pour les tumeurs de l’enfant c’est pour cette raison qu’il est nécessaire de définir une politique nationale de surveillance des cancers pour espérer des progrès dans la prise en charge. Il est possible de faire un enregistrement exhaustif des tumeurs de l’enfant en collectant des données nationales émanant de plusieurs sources. « Toutes les potentialités existent dans notre pays aussi bien humains (pédiatres, epidémiologistes) que matériel (informatique) dans toutes les structures publiques pour réaliser ce travail. Avec les comités d’oncologie pédiatrique multidisciplinaire et la Société Algérienne d’oncologie pédiatrique et par la volonté de tous ces intervenants et en mettant à contribution les pouvoirs publics, le registre algérien des tumeurs de l’enfant pourrait voir le jour » conclura la communicante.    

                       

  Taous C.

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