L’accident qui en dit long

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L’accident qui a eu lieu vendredi dernier au barrage de Taksebt a remis au devant de l’actualité la problématique d’insalubrité des eaux et des rives du barrage.

En effet, parmi les difficultés qui ont freiné l’opération d’intervention des pompiers dans le repêchage des corps des trois victimes se trouve en premier plan l’insalubrité des lieux. Le barrage de Taksebt a donc une nouvelle fois fait parler de lui, suite à l’accident qui a coûté la vie à trois personnes. Leur voiture a terminé sa course, vendredi, au fond des eaux du barrage. Toute la région a partagé l’angoisse des parents des victimes qui ont souffert pendant plus de 72h de la crainte de ne pouvoir récupérer les corps de leurs enfants pour pouvoir faire leur deuil. Il aura, en effet, fallu plus de trois jours pour que les pompiers parviennent à localiser puis retirer le véhicule des fonds du barrage. Leur intervention fut des plus délicates dans des eaux troubles profondes de 50 m envahies d’énormes quantités de déchets de toutes sortes. L’accident a en effet révélé l’existence d’une véritable décharge sous les eaux. En plus de l’eau dont l’insalubrité a déjà fait couler beaucoup d’encre, des déchets, détritus et divers matériaux se sont dressés sur le passage des plongeurs, rendant ainsi leur tâche bien plus difficile. Le colonel Brahim Mohamdi, directeur de la Protection civile à Tizi-Ouzou, joint hier au téléphone, est revenu sur les conditions rudes dans lesquelles les plongeurs se sont retrouvés. Sous les eaux, les équipes de plongeurs ont en effet découvert « des fils électriques de l’ancienne ligne désaffectée qui est toujours resté sur place », confie notre interlocuteur. Des plongeurs ont d’ailleurs failli se retrouver pris au piège dans les fils. Il ajoute qu’un nombre important de carcasses de véhicules ont été découvertes sous les eaux. Un état de fait combiné à la pollution des eaux qui a rendu la visibilité presque nulle. Il est à rappeler en effet qu’une quantité énorme d’eaux usées issues des localités environnantes se déversent directement dans le barrage. Une situation qui met en péril la santé de toute une population, mais aussi l’environnement. Le barrage risque de se transformer en un véritable dépotoir. Le directeur local de l’environnement confirme la situation catastrophique du barrage. Achour Ghezli, interrogé sur le rôle de la direction de l’environnement pour parer à la situation du barrage, souligne qu’un grand travail doit se faire en amont. Il explique que pour la direction la solution réside dans l’action de contenir les déchets qui se retrouvent dans la nature. Ceci, à travers notamment la création et la multiplication des centres d’enfouissement technique (CET), dira-t-il. Il ajoute que ce n’est qu’à travers ce genre de réalisations que les déchets pourront être contenus au lieu de se retrouver en pleine nature. Le responsable reviendra d’ailleurs sur le nombre important de décharges sauvages qui gangrènent les environs du barrage, dans les eaux duquel terminent leur course tous les déchets, suite au ruissèlement des eaux de pluies. Dans ce sillage, le directeur déplore le manque d’implication des populations et des autorités communales dans l’encouragement de la réalisation des CET. « Au contraire, il n’y a partout que des contraintes et des oppositions », dira le directeur, parlant également de la nécessité de multiplier les centres de traitement des eaux du barrage. Des mesures qui s’imposent et en urgence, afin de parer à cette situation catastrophique qui menace la population et l’environnement.

 T. Ch.

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