L’école primaire Abbout Mohand Akli de Semmache, dans la commune d’El Adjiba, a abrité avant-hier, samedi, une importante cérémonie organisée par l’association à caractère social «Solidarité et bienfaisance du Aarch Ath Aissi » à l’honneur de l’instituteur palestinien Messaoud Yacine, arrivé dans cette localité il y a 48 ans. A cette cérémonie ont été conviés les autorités locales, le mouvement associatif des daïras de M’Chedallah et Bechloul, d’anciens élèves et plusieurs personnalités dont le théologien Said Bouziri, l’inspecteur pédagogique et ex-président de l’APW Limam Mohamed, ainsi que d’autres sages et nobles de la région. Aussi, après l’allocution d’ouverture donnée par le président de l’association, monsieur Dahmani Madani, la parole a été cédée à l’instituteur qui était sous l’emprise d’une forte émotion, mais qui s’exprima néanmoins dans un parfait dialecte arabe populaire pour exprimer toute sa gratitude au peuple algérien en général pour son indéfectible soutien à la cause palestinienne, et aux citoyens du Aarch Ath Aissi dans lequel il s’intégra profondément et qui l’a rapidement adopté dira-t-il dans son intervention. Dans sa biographie, nous avions relevé qu’il est arrivé en Algérie le 15 /09/1965 et atterri au village Ath Yekhlef, dans la commune de M’Chedallah où il sera enrôlé et affecté en qualité d’instituteur avec l’aide de l’inspecteur Limam Mohamed, qui exerçait lui aussi à l’époque en qualité d’instituteur de langue arabe dans ce village. Deux ans plus tard, il serait affecté à Semmache où il exerça jusqu’à la retraite après avoir fondé un foyer en épousant une kabyle originaire de cette localité et avec laquelle il donna naissance à 08 enfants. Dans le document portant sa biographie qui nous a été remis, il est mentionné que Messaoud Yacine est né le 15 septembre 1946 à Dar Yacine, en Palestine ; il est issu d’une famille révolutionnaire qui en compte pas moins de 248 martyrs. Il obtiendra son baccalauréat en 1963 et intégra l’Institut de formation des instituteurs des enfants des martyrs à Naplouse, en Palestine, où il obtiendra son diplôme en 1964. Une année après, soit en 1965, il est venu se réfugier en Algérie. Le même document nous apprendra qu’il a décroché le 1er prix dans un concours national de poésie en 1972 en Algérie, et ce, grâce à un poème dans lequel il a glorifié le défunt président Houari Boumediene. La cérémonie a aussi été ponctuée par des témoignages de ses anciens élèves qui ne tarissent pas d’éloges à son égard, et des chansons patriotiques interprétées par la chorale féminine de l’association, laquelle a puisé dans le riche répertoire de la chanteuse libanaise Fayrouz, avant que les organisateurs n’invitent tous les participants à aller visiter la classe où il donnait les cours. C’est une maison traditionnelle composée d’une unique et spacieuse pièce en bordure du CW 98 ; une bâtisse dont les murs ont été construits en terre battue (toub) et une toiture en tuiles mise à sa disposition par un bienfaiteur de Takaats Monsieur Belkacem Aknouche en l’occurrence, présent à la cérémonie clôturée par la remise d’un diplôme honorifique à l’instituteur, des cadeaux symboliques et une réception à laquelle ont pris part l’ensemble des participants et les invités.
Oulaid Soualah
