La faune se meurt…

l Ces pigeons, retrouvés morts dans certains village à l’exemple de Takhirdt et d’El Bir relance encore le débat sur cette calamité qui frappe de plein fouet le peu de faune restant dans cette région. En effet, très souvent des paysans, des braconniers et autres citoyens nous font part de ces « cadavres », d’oiseaux retrouvés dans les champs, mais aussi des corps inanimés de sangliers, de chacals, de porcs-épics, de lièvres. Autrement dit, c’est une sorte d’hécatombe que vit depuis quelques années cette faune qui elle aussi connaît une véritable descente aux enfers, à l’instar également de la flore en partie décimée par les incendies estivaux. En somme, c’est tout l’écosystème qui est sérieusement ébranlé dans cette Kabylie, jadis réputée pour sa faune et sa flore. Parmi donc les principales raisons de cette sorte « d’extermination » des animaux sauvages, ce sont ces rejets d’eaux usées déversées tout droit dans les nombreux oueds et talwegs. Ce sont généralement ces endroits qui constituent les seules sources d’eau existant où tous les animaux viennent s’abreuver. La pollution de ces points d’eau est aujourd’hui de notoriété, dès lors que certains éleveurs, particulièrement d’ovins et de bovins, l’ont appris à leurs dépens. Au village Tala Meda, plusieurs moutons ont péri en raison de cette pollution des eaux des oueds où les paysans font « abreuver » leurs bêtes. En tout état de cause, c’est tout l’environnement qui est « jeté » dans cette indifférence inouïe des pouvoirs publics, mais aussi de la société civile, surtout que pour l’heure on n’a encore signalé aucune association qui militerait pour la protection de l’environnement. Ainsi, il ne suffit pas de porter le qualificatif de vert ou d’écologiste si l’on ne se soucie guère, du moins de son environnement immédiat.

Idir Lounès